Importation du pain congelé pour lutter contre la pénurie !
Le président de l’Association de protection du consommateur (Apoce), Mustapha Zebdi, a fait éclater un retentissant scandale.
Il s’agit d’importation de 11 conteneurs de pain congelé des Emirats arabes unis (EAU) pour faire face à la pénurie de ce produit de première nécessité les deux jours de l’Aïd, affirmant que les Algériens jettent quotidiennement dans la poubelle entre 2.5 à 3 millions de baguettes.
Intervenant lors d’une conférence de presse animée samedi au siège de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa) placée sous le thème des « Intoxications alimentaires », le président de l’Apoce a révélé que 11 conteneurs de pain congelé fabriqué aux EAU sont arrivés au port sec de Rouiba, et ce pour faire face au manque du produit les deux jours de l’Aïd Al Adha, en mettant en garde contre le risque de cette mesure pouvant entraîner la fermeture des boulangeries et la mise au chômage des propriétaires.
Contacté par Echorouk, Mustapha Zebdi a dit que le fait d’importer du pain congelé des Emirats arabes unis était scandaleux, en se demandant « si les Algériens sont-ils si incapables de s’offrir du pain au point de recourir à l’importation ? ». « Les importateurs se justifient par le fait que les jeunes ont tendance à utiliser du pain européen dans la préparation des sandwichs et le petit-déjeuner », poursuit-il.
De son côté, El Hadj Boulenouar, le porte-parole de l’Ugcaa n’a ni infirmé ni confirmé l’information, indiquant avoir déjà entendu parler d’un cas similaire, il y a deux ans, lorsque des importateurs avaient proposé aux boulangers l’idée d’importer du pain congelé sous prétexte de leur marge bénéficiaire de ce produit était si faible, et c’est ce qu’a refusé l’Ugcaa.
Pour Boulenouar, l’importation du pain est une tentative d’inonder le marché de ce produit de première nécessité afin de réduire les capacités de sa production en Algérie et, préparer ainsi sa révision à la hausse, ajoutant que cette mesure devrait encore porter un coup dur à la production céréalière, sans autant oublier les risques qu’il présente pour la santé du consommateur.
Par ailleurs, il a fait état de 4.000 cas d’intoxication enregistrés chaque année, et que près de 30% des denrées alimentaires produites localement ou importées étaient périssables.