Jusqu’à 75 millions d’amende pour les journalistes en cas de faute professionnelle
Les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont sévèrement critiqué l’imposition d’une amende de 75 millions de centimes aux journalistes comme sanction en cas de diffamation. Ces parlementaires estiment que les peines d’emprisonnement sont dans ce cas plus clémentes. D’autres part, ils estiment que les éditeurs doivent aussi assumer une part de responsabilité pour ce qu’ils publient.
La séance dédiée mercredi à la discussion du code pénal à l’APN a soulevé un grand débat jeudi à cause du refus catégorique des membres de cette institution les amendements apportés à ce code, notamment ce sui concerne remplacement de la peine d’emprisonnement par une des amendes qui peuvent atteindre la somme astronomique de 75 millions de centimes. Cette amende est prévue par les articles 114 bis, 146 et 144 bis du code pénal. Dans ce contexte, le représentant du parti El Islah Filali Reouini a estimé qu’une peine d’emprisonnement de deux mois contre les journalistes est plus clémente que les amendes qui peuvent aller jusqu’à 75 millions de centimes. Un journaliste qui touche un salaire très modeste peut-t-il s’acquitter d’une telle amende ? s’est-t-il interrogé. Pour sa part, Bouzid Berkani du Rassemblement national démocratique (RND) a estimé que la loi n’a pas été amendée et n’a rien apporté de bon pour les journalistes. « La loi amendée n’a rien changé puisque le journaliste qui commet une erreur doit payer une amende de 75 millions », a-t-il dit. « Avec peines pareilles, il n’y aurait plus de journalistes dans notre pays dans quelques années », a-t-il indiqué. Lors de son intervention, la représentante du Parti des travailleurs (PT) a contesté la nouvelle loi amendée. « Nous refusons d’affamer les journalistes », a-t-elle déclaré. « en plus de cela, les organes de presse doivent assumer une part de responsabilité en cas de faute professionnelle commise par leurs journalistes », a-t-elle conclu.