La justice française autorise le « burkini »
Nouveau rebondissement dans la polémique sur le burkini. Le Conseil d’Etat français a décidé, vendredi 25 août, la suspension de l’arrêté de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) qui interdisait le burkini sur les plages.
Une décision qui devrait s’appliquer à tous les autres arrêtés adoptés par les maires sur la question et faire jurisprudence.
La plus haute juridiction administrative française avait été saisie en urgence par la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), pour qui ce type d’arrêté, pris dans plusieurs dizaines de villes balnéaires hexagonales depuis fin juillet, est «liberticide».
Les maires à l’origine de ces arrêtés invoquaient des risques de troubles à l’ordre public.
Manuel Valls favorable à l’interdiction
En revanche, Manuel Valls, lui, soutient les arrêtés décidés par les maires, estimant que « le burkini est un symbole d’asservissement de la femme… ». « Un foulard est un foulard, un burkini est un burkini, une burqa est une burqa. C’est pour moi un symbole d’asservissement de la femme comme si la femme dans l’espace public était impudique », a déclaré le premier ministre français sur RMC. Une position qui divise, même dans son propre camp, à savoir le Parti socialiste.
Une polémique qui dépasse les frontières
Jeudi 25 août, à Londres, une manifestation contre les arrêtés anti-burkini se déroule: “Je suis ici aujourd’hui, car je trouve que c’est une honte d’obliger une femme musulmane à se déshabiller en public”, témoigne une manifestante. De son côté, la presse britannique n’est pas tendre avec la décision de certains élus français: “5 raisons de porter le burkini et pas seulement pour embêter les Français “, titrait notamment le quotidien The Guardian.
Pour rappel, l’homme d’affaires algérien, Rachid Nekkaz s’est proposé de payer des amendes infligées aux femmes portant le burkini sur les plages françaises, sachant qu’elles sont fixées à 38 euros.