La LADH appelle à l’abolition de la peine de mort
A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre de chaque année, la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH) de Boudjemaâ Ghechir a adressé une missive au président de la République et au Premier ministre les appelant à intervenir pour remplacer la peine de mort par une peine de 20 ans de réclusion et à cesser de prononcer des jugements condamnant les mis en cause à la peine capitale sachant qu' aucun jugement n’a été exécuté depuis 1993.
La LADH a appelé dans sa missive à la fermeture des lieux où sont mis les condamnés à mort qui se trouvent complètement isolés du monde extérieur et des autres prisonniers. Elle considère que la ratification du deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques devient nécessaire.
La formation de Boudjemaâ Ghechir a recensé dans les rencontres internationales auxquelles elle a pris part qu’il existe 58 États qui maintiennent la peine de mort, tandis que tous les États européens ont définitivement aboli la peine capitale. Quant à l’Algérie, elle prononce la peine de mort mais elle n’est pas applicable. Le tribunal criminel prononce en moyenne annuellement entre 60 et 70 verdicts, dont la plupart sont relatifs à des affaires ayant trait à l’enlèvement et au meurtre. Il convient de noter que certains dictateurs la maintiennent (peine de mort) pour l’infliger à leurs opposants.
A l’échelle planétaire, il y a actuellement 20 000 personnes condamnées à la peine capitale, dont leur exécution est attendue au cours de cette année. En Algérie, depuis les années 90, pas moins de 2 000 personnes étaient condamnées à la peine de mort, mais aucun des jugements prononcés n’a été exécuté. A titre d’exemple, l’assassin du défunt président de la République Mohamed Boudiaf, à savoir Boumarafi qui a été condamné à la peine capitale se trouve toujours derrière les barreaux depuis presque deux décennies.
La Ligue des droits de l’Homme dans sa missive adressée au Chef de l’État considère que la peine capitale est une « violence qui incite à la violence non contre l’accusé mais plutôt contre la famille de ce dernier et la famille de la victime ».
Il est à souligner que l’Algérie a voté la résolution des Nations unies 62/149 du 18 décembre 2007 qui appelle à un moratoire mondiale sur les exécutions. Depuis, les exécutions ont été abolies, mais les jugements sont maintenus.
Force est de souligner qu’aucune exécution n’a été effectuée en Algérie depuis 1993 mais appliquée à l’encontre des auteurs de l’attentat-terroriste qui a visé l’aéroport Houari-Boumediène.
La loi algérienne prévoit la peine capitale pour des actes liés à la trahison, au terrorisme, à la drogue, aux crimes économiques ainsi que le meurtre avec préméditation.