Lakhdar Brahimi: « Il est temps de tester les islamistes au pouvoir »
L’éminent diplomate algérien, Lakhdar Brahimi a déclaré que les peuples arabes post-révolution « n’accordent pas aux islamistes toutes les prérogatives, bien qu’ils soient élus par majorité dans certains pays ayant été secoués par des changements dans la pyramide du pouvoir engendrés par le Printemps arabe ».
Invité avant-hier à l’émission « Studio Beyrouth » présentée par Jizil Khouri, Lakhdar Brahimi a formellement nié que l’Algérie aurait soutenu le régime de Mouammar Kadhafi et celui de Bachar al-Assad actuellement.
« Je suis loin de la prise de décision en Algérie depuis une longue période, mais vu ma connaissance du régime algérien, je peux affirmer que ce dernier n’a pas soutenu ni le régime de Kadhafi ni celui d’al-Assad, mais il a défendu la souveraineté des États, qui est considéré en Algérie comme étant une erreur gravissime », a-t-il dit à cet égard.
Quant à ses craintes de la montée en puissance des islamistes dans de nombreux pays arabes, l’ex-émissaire des Nations unies au Liban, Afghanistan et en Irak a dit : « Je ne pense pas que ces derniers constituent un danger à leurs États respectifs, étant donné que le peuple les a choisis spontanément. Ceci signifie qu’on doit reconnaître que le courant islamiste existe depuis très longtemps et s’est incarné sur le comportement politique et social arabe. C’est vrai qu’ils étaient peu nombreux et peu influents pendant des décennies, mes ces dernières années ils se sont remarquablement développés.
Et d’expliquer : « Nous en Algérie par exemple, nous avons lutté contre le colonialisme français et il y avait parmi nous ceux qui appelaient à l’instauration d’un État islamique et disaient que l’Islam était la solution. Mais la majorité du peuple leur répondaient qu’ils (islamistes) sont là pour guider la prière et pour prier derrière eux, mais pour leur remettre le pouvoir, c’est loin d’être acquis. Effectivement, c’étaient les non-islamiques qui ont pris le pouvoir depuis des décennies, mais aujourd’hui, ces derniers nous ont trahis et il est temps de donner la chance aux islamistes de prendre les commandes de leurs pays par le biais de leurs peuples ».