Le business du tabac à Sétif
Des sources sûres de la Société Nationale des Tabacs et Allumettes SNTA, ont révélé que les algériens consomment annuellement plus de 600 millions de sachets de chique, d’une valeur de 25 milliards de dinars. La SNTA produit 380 millions de sachets par an, ce qui veut dire que les 220 millions restants sont produits illégalement et ne subissent aucun contrôle. Par conséquent, les consommateurs sont en danger.
- De nombreuses wilayas de l’Est, particulièrement le sud de la wilaya de Sétif se sont transformées en véritables fiefs de fabrication de chique contrefaite. Les ateliers, dans le cadre de ce commerce, foisonnent notamment à Rasfa et Ain Oulmane. Les agriculteurs prétendent cultiver des céréales, mais c’est le tabac qui pousse dans leurs champs. Le gain facile et la qualité de la terre caractérisée par sa salinité, ont encouragé ce business de fabrication de la chique contrefaite.
- Selon des sources locales bien renseignées, la superficie consacrée à la culture du tabac dépasse de loin les chiffres officiels, puisque le fellah déclare des chiffres moindres pour pouvoir vendre un maximum de quantité de tabac sur le marché noir, d’autant plus que la production déclarée est obligatoirement vendue à la SNTA de Constantine qui reçoit régulièrement plus de huit mille quintaux. L’agriculteur gagne de cette façon moins que les cinq millions de centimes sur le quintal de tabac qu’il vend sur le marché noir !
- Quant à l’importation des sachets en papier dans lesquels, est placée la chique contrefaite, les investigations des services de la gendarmerie nationale ont dévoilé qu’ils viennent de Tunisie. Ces sachets ne sont pas conformes aux normes sanitaires, d’après les analyses effectuées par des laboratoires. Des réseaux organisés soutiennent ce commerce et font entrer la marchandise par les régions frontalières d’Oum Teboul, El Meridj et Ouenza, pour ensuite la commercialiser à Sétif, et les wilayas adjacentes comme Msila, Batna, Biskra, Mila, et même la capitale !