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Le journaliste et ecrivain Paul Balta à Echourouk:”Boumediene voulait opérer un changement radical dans le régime”

الشروق أونلاين
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Le journaliste et ecrivain Paul Balta à Echourouk:”Boumediene voulait opérer un changement radical dans le régime”

Le journaliste et écrivain Paul Balta est considéré comme un grand connaisseur de l’Algérie, mais également du monde arabe. Sa riche expérience lui a permis de vivre de nombreuses mutations, comme la vague de libération et la pensée émancipatrice, ainsi que la transformation de l’Islam en cible de l’occident qui associe cette religion au terrorisme. Paul Balta a bien voulu accorder un entretien à notre journal…

  • Vous avez vécu de nombreux évènements en Algérie depuis l’indépendance, et vous avez écrit sur ces aspects. Qu’est ce qui a changé en Algérie depuis que vous étiez correspondant du journal le Monde de 1973 à 1978, à ce jour ?
  • Il ne faudrait peut-être pas oublier que tous les algériens se sont sacrifiés pour la guerre de libération, et après l’indépendance, le président Boumediene a tenté de relever le niveau de vie avec les moyens du bord, mais la corruption a entraîné des inégalités sociales inacceptables.
  • Il faut également souligner que des efforts sont consentis pour le développement, mais au regard des ressources dont bénéficie l’Algérie, beaucoup reste à faire. Le taux de chômage demeure élevé alors que le pays a besoin de nombreux projets. Il y a aussi le projet de l’autoroute Est-Ouest qui a déjà été abordé à l’époque de Boumediene…
  • Même après mon retour en France où j’ai pris les commandes du département des affaires maghrébines au journal, j’ai continué à suivre ce qui se passait en Algérie.
  • Vous avez consacré un ouvrage entier au défunt président Houari Boumediene. Comment était selon vous ce personnage?
  • J’ai eu l’occasion d’approcher le président Boumediene pour lequel j’ai énormément de respect car il était d’une part très intègre, et avait, d’autre part, une vision optimiste de l’avenir de l’Algérie…
  • Il est certain qu’il a commis quelques erreurs, quel est le chef d’Etat qui n’en fait pas !? Mais je pense qu’il a ancré des bases importantes.
  • Lorsque les responsables du journal m’ont avisé que ma mission en Algérie était terminée, j’ai été voir Boumediene pour l’en informer et lui dire au revoir. Le président semblait contrarié par mon départ, et il m’a instruit de la tenue à la fin de l’année d’un congrès extraordinaire du Front de Libération National afin de présenter le bilan de ses réalisations en tant que chef d’Etat et de relever les domaines où il y a eu échec. Je lui ai dit que je demanderai au journal de me laisser rapporter l’évènement avant mon départ, mais mes responsables m’ont répondu que ce n’était pas possible vu la révolution en Iran que je devais couvrir.
  • Quand j’ai fait part au président de la réponse de mon journal, il en a été désolé car ma présence était importante, a-t-il expliqué ajoutant que c’était la dernière étape des grands changements en Algérie.
  • Je lui ai alors demandé s’il y aurait du nouveau en matière de culture, de liberté de la presse, d’intérêts pour la société civile. Il a réfléchi avant de sourire en disant qu’il ne pouvait me répondre de suite. Je l’ai relancé, il n’a pas répondu, mais l’expression qu’il affichait en disait long et laissait croire qu’il avait effectivement l’intention d’opérer des changements radicaux. Peu de temps après, Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Taleb m’ont dit que le président Boumediene leur avait raconté ce qui s’était passé entre lui et moi. C’était la dernière fois que je parlais au président qui est décédé peu de mois après.
  • Boumediene voulait consolider l’unité entre les enfants du pays qui était historiquement fragilisée notamment par le régionalisme. Sur le plan international, le défunt président avait par exemple une influence sur l’ONU.
  • Aujourd’hui les relations entre l’Algérie et la France stagnent. Qu’est ce qui empêche leur avancement selon vous ?
  • Je me souviens que Boumediene a considéré la visite du président français Valéry Giscard d’Estaing, première du genre après l’indépendance, comme un échec même s’il y mettait beaucoup d’espoirs.
  • Alors qu’était évoqué l’accord d’amitié entre les deux pays, il y a eu la loi du 23 février qui glorifie la colonisation et qui a choqué l’opinion publique algérienne et hypothéqué la normalisation des relations bilatérales. Comment expliquer une telle loi dans une pareille conjoncture ! Je pense que ce qui est arrivé est lié à la politique intérieure française et au conflit entre la gauche et la droite. Les politiciens de droite veulent faire taire la gauche au détriment de l’Algérie.
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