Le lanceur d'alerte des «Panama Papers» sort de son mutisme
La source des révélations des “Panama Papers” prend la parole pour la première fois depuis l’éclatement de l’affaire en avril.
Sous le pseudonyme de John Doe, celui qui a diffusé quelque 11,5 millions de documents du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca signe un très long manifeste, vendredi 6 mai, dans le journal allemand Süddeutsche Zeitung. Il y dresse un réquisitoire sévère contre l’inertie des politiques, de la justice et des médias contre les paradis fiscaux.
Rebaptisé « John Doe » pour préserver son anonymat, l’informateur, qui s’exprime pour la première fois depuis l’éclatement de l’affaire en avril, promet sa « coopération » pour les « milliers de poursuites » qui pourraient découler du scandale, à condition que les « lanceurs d’alerte » se voient garantir « l’immunité contre les représailles gouvernementales ».
Un système capitaliste dévoyé « qui se rapproche davantage d’un esclavage économique »
« La prochaine révolution sera numérique. Ou peut-être a-t-elle déjà commencé », assure son long « manifeste » rédigé dans un anglais soutenu, estimant que « l’accès à l’information », très inégal mais bouleversé par Internet, est la clef d’un système capitaliste dévoyé « qui se rapproche davantage d’un esclavage économique ».
Sa décision de livrer gratuitement à une centaine de médias quelque 11,5 millions de documents du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca est « personnel (le) », parce qu’il s’est rendu compte « de l’ampleur des injustices » qu’ils dépeignent.
« Je ne travaille ni n’ai jamais travaillé pour un gouvernement ou un service de renseignement, ni directement ni en tant que consultant », se borne-t-il à préciser, ne livrant aucun indice sur sa nationalité, son identité ou ses fonctions.
Pour expliquer son geste, il accuse le cabinet Mossack Fonseca, d’avoir « usé de son influence pour écrire et tordre les lois partout dans le monde en faveur d’intérêts criminels pendant plusieurs décennies », protégeant par des sociétés-écrans certes légales « une large palette de crimes qui vont au delà de l’évasion fiscale ».