Le remaniement ministériel attise l’appétit des pro-Bouteflika
Une rude concurrence est née chez les représentants de Bouteflika, qui lui ont animé sa campagne électorale, à l’approche d’un remaniement ministériel où les portefeuilles ministériels devraient être distribués dans les jours à venir.
La concurrence semble s’intensifier davantage après les récentes déclarations du secrétaire général du FLN, Amar Saâdani qui a insisté sur une place du parti majoritaire à la tête du gouvernement, ainsi que les intentions du RND, TAJ et le MPA qui veulent bénéficier d’importants ministères, tandis que l’opposition refuse tout chantage.
En effet, les partis pro-pouvoir, aux intentions quasiment voilées, attendent l’annonce du remaniement en prétextant avoir participé à la campagne de Bouteflika avec la pure conviction, sans pour autant attendre de récompense en contrepartie.
Sur ce sujet, Mustapha Mazouzi, membre du bureau politique du FLN a indiqué que la participation de son parti à la campagne avait pour objectif la promotion de la stabilité et du développement bien qu’il ait émis l’espoir de voir son parti se tailler la part de lion lors du prochain remaniement et s’adjugeant la plupart des départements ministériels. « C’est un souhait, car nous sommes sincères dans nos engagements », a-t-il expliqué. Mazouzi a ajouté, par ailleurs, que leur famille politique voulait être présente au sein du gouvernement selon son ancrage et sa taille. « Si le Président trouve que le FLN détient des compétences, nous nous opposerons pas à ce que notre parti soit la première force au gouvernement », a-t-il ajouté.
Kamel Mida, leader du TAJ a affirmé que son parti ait appelé tout au long de la campagne électorale d’octroyer de postes de responsabilité aux jeunes, estimant que la prochaine équipe gouvernementale doit être composée des partis ayant soutenu la candidature de Bouteflika, avec la possibilité de l’élargir. Il a également souligné que sa formation ne réclamait pas de portefeuilles ministériels.
Belkacem Melah, du RND, a dit, de son côté, que la nomination du gouvernement relevait des prérogatives du chef de l’Etat, indiquant que la formation du gouvernement n’obéit pas à la majorité. Le président de la République est seul habilité de désigner au sein du staff gouvernemental des personnalités appartenant à des partis politiques ou des technocrates. Pour étayer ses dires, il a tenu à rappeler que le gouvernement actuel est composé à 90% de technocrates.
Lamine Asmani, membre du bureau national du Mouvement populaire algérien (MPA) a dit que la participation de son parti à la campagne électorale ait fait de lui une équation politique et que leurs chances sont importantes de figurer dans le prochain gouvernement au même titre que le RND et le FLN. D’après lui, le MPA est entré en campagne pour Bouteflika « pour l’Algérie et non pas pour les postes ».
Le Parti des travailleurs (PT) a ,quant à lui, indiqué ne pas être concerné par le remaniement ministériel à opérer très prochainement, mais dit compter plutôt sur des élections législatives anticipées, qui devraient avoir lieu l’automne prochain.
Ramdane Taâzibt, membre du bureau politique du PT, a dit que leur formation déciderait de participer ou non au gouvernement, si elle obtenait de résultats probants aux prochaines élections législatives.
Soufiane Djilali, président de Jil Jadid a, estimé que le problème était plus profond qu’un remaniement, indiquant que l’opposition et des personnalités connues étaient à la recherche d’un consensus, car il fallait engager un véritable dialogue et une période de transition suivie de la mise en place d’une Constitution de consensus. C’est ainsi que le gouvernement de coalition nationale aura un sens, selon lui. En outre, il a dit qu’il refusait de portefeuilles visant à casser l’opposition.
Pour sa part, Lakhdar Benkhellaf, membre du Front de la justice et du développement (FJD), n’écarte pas l’hypothèse de voir le Président nommer des jeunes au sein du gouvernement et d’écarter d’autres. Sur ce sujet, il prévoit même la nomination de présidents de partis au sein du gouvernement, comme une tentative de briser de l’opposition.