Les jours du général Benhadid sont en danger
En grève de la faim illimitée depuis mardi dernier, les jours du général à la retraite placé en détention provisoire depuis cinq mois, Hocine Benhadid, sont en danger. C’est ce qu’a déclaré sa défense.
Me Khaled Bourayou a révélé, lors d’une conférence de presse qu’il a donnée vendredi dans son bureau à Alger, les propos de son client qui rejette les faits pour lesquels il est incarcéré, assurant qu’il n’ait jamais porté atteinte au moral des troupes de l’armée et qu’il a servi le pays pendant 40 ans.
Me Bourayou a fait savoir que son client souffrait de plusieurs maladies nécessitant une prise en charge médicale intensive, expliquant que Benhadid a décidé d’observer une grève de la faim après épuisement de toutes les voies pour sa prise en charge médicale et l’accélération des procédures de l’enquête.
Par ailleurs, il s’est dit étonné par le refus de la demande formulée par la défense afin d’auditionner le journaliste qui l’a interviewé.
Me Mustapha Bouchachi, avocat de Benhadid, a lui rappelé le contenu de la nouvelle constitution et le code des procédures pénales qui prévoient la réduction du recours à la détention provisoire, la garantie des libertés individuelle, mais la réalité et toute autre, selon lui, notamment dans le cas de Benhadid, poursuivi pour opinion politique.
« La justice ordonne une détention provisoire pour préserver l’accusé ou les preuves de l’enquête, mais le fait de maintenir l’accusé en prison pendant cinq mois sans être écouté rend injustifié le but d’incarcération », soutient-il.
Me Bachir Mechri tient lui-aussi à tenir informée l’opinion publique sur ce dossier. « La vie du moudjahid, Benhadid, qui s’est sacrifié pour l’Algérie, est en danger », a expliqué Me Mechri, qui a ajouté que « mon client s’est vu accusé de participation à une entreprise de démoralisation de l’armée ».
« Comment l’accuse-t-on ainsi, alors que le ministère de la Défense n’a pas déposé plainte contre lui et ne s’est pas constituée partie civile dans cette affaire? », s’interroge-t-il.
Pour Me Mechri, « Ce qui s’est passé est une injustice à l’égard de toute l’Algérie ».