Les Palestiniens aspirent à leur “Printemps” mais craignent des sanctions
La plupart des Palestiniens veulent croire à leur “Printemps”, au lendemain de leur démarche historique aux Nations unies, mais ils redoutent également un retour de flamme de la part d'Israël et des Etats-Unis.
A Ramallah, capitale politique de la Cisjordanie, on se félicitait de la détermination et la pugnacité du président Mahmoud Abbas à la tribune de l’ONU malgré les incertitudes, les pressions et les divisions internes qui entourent la reconnaissance internationale d’un Etat palestinien.
“La Palestine est ressuscitée”, résumait samedi le quotidien Al-Ayyam, avec le dessin d’un aigle, symbolisant “l’Etat de Palestine”, prenant son envol.
Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées vendredi soir dans les villes autonomes de Cisjordanie pour acclamer le chef palestinien qui annonçait avoir remis “la demande d’adhésion de la Palestine sur la base des lignes du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale” au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.
Ces rassemblements se sont déroulés sans violences, dans une ambiance de fête, les dirigeants palestiniens ayant appelé à des manifestations pacifiques, à l’intérieur des villes, et disant avoir appris les leçons de l’échec de la deuxième Intifada armée qui fit reculer leur cause sur la scène internationale.
Dans la bande de Gaza, en revanche, le discours “historique” à l’ONU n’a reçu guère d’écho dans la rue, le Hamas, au pouvoir dans cette enclave, et le parti rival du Fatah de M. Abbas, ayant décidé d’un commun accord de renoncer à tout meeting pour ne pas accentuer leurs divisions.
Le mouvement islamiste palestinien a jugé le discours du président Abbas “sans substance”.
Dans les rues de Gaza, pourtant, les opinions étaient plus nuancées entre la satisfaction discrète, pour nombre de Gazaouis et les partisans du Fatah, et l’indifférence pour les autres.
De fait, Mahmoud Abbas jouit d’un vif regain de popularité depuis qu’il a tenu tête à l’administration Obama qui a tenté jusqu’à la dernière minute de le dissuader de saisir le Conseil de sécurité.
Sur le plan politique, le Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, UE et Russie) a proposé aux Palestiniens et aux Israéliens de reprendre des négociations de paix avec l’objectif d’aboutir à un accord final fin 2012.