Liban: Hariri va de nouveau être désigné Premier ministre, selon la presse
Le chef de la majorité parlementaire au Liban Saad Hariri, qui a renoncé jeudi à former un gouvernement d'union, va être de nouveau désigné Premier ministre, estime vendredi la presse locale.
-
Saad “Hariri renonce et va être désigné de nouveau mardi”, titre en une Al Akhbar, le quotidien proche de la minorité soutenue par Damas et Téhéran, sans élaborer ni citer de source.
-
M. “Hariri s’apprête à être désigné de nouveau avec de nouvelles conditions pour barrer la route aux tentatives de blocage”, indique de son côté An Nahar, le quotidien proche de la majorité soutenue par l’Occident.
-
Saad Hariri a annoncé jeudi qu’il renonçait à former un gouvernement d’union nationale, accusant le camp mené par le Hezbollah d’avoir entravé ses efforts en rejetant la liste de ministres qu’il venait de proposer.
-
“En se récusant, et sûr d’être reconduit, Saad Hariri espère pouvoir changer les règles du jeu”, juge pour sa part le quotidien francophone L’Orient-Le Jour.
-
M. Hariri est d’ores et déjà assuré du soutien de son propre camp, mais aussi de celui du président du Parlement Nabih Berri, selon des proches de cet allié du Hezbollah. Le président de la République Michel Sleimane doit entamer des consultations parlementaires dans les jours à venir.
-
La presse s’inquiète par ailleurs de l’impact de la décision de M. Hariri sur la sécurité.
-
“Il y a des mises en garde des responsables de la sécurité et des hommes politiques quant à l’apparition de troubles sur le terrain”, affirme Al Akhbar.
-
La décision de M. Hariri “a ouvert la porte à tous les scénarios dont le plus dangereux est une crise politique ouverte et des discours extrémistes à caractère confessionnel qui auraient un impact négatif” dans la rue, écrit As Safir, également proche de la minorité.
-
Fin 2006, une crise sans précédent depuis la guerre civile (1975-1990) avait éclaté entre les deux camps sur fond de partage du pouvoir, atteignant son paroxysme en mai 2008 avec des heurts sanglants, notamment entre les partisans de M. Hariri, un sunnite, et ceux du Hezbollah chiite.
-
La crise a été désamorcée avec la signature de l’accord interlibanais de Doha, au Qatar, qui a proposé jeudi d’accueillir une nouvelle conférence.