Libye: à Syrte, les civils fuient les combats et les raids de l'Otan
L'exode des civils de Syrte se poursuivait mardi sur la route à l'ouest de cette ville libyenne assiégée par les forces du nouveau régime, certains exprimant leur désarroi et leur incompréhension face aux bombardements de l'Otan.
Des dizaines de véhicules transportant des habitants au désespoir assis sur leurs affaires entassées à la hâte se pressaient le matin sur la route côtière à l’ouest de ce bastion du régime déchu de Mouammar Kadhafi, selon un journaliste de l’AFP sur place.
L’un d’eux, Farak Moussa, s’efforçait de conduire sa famille de huit personnes parquée dans sa camionnette bleue sur un tas de matelas et de valises. Il dit avoir attendu plusieurs jours avant de se décider à fuir, mais s’y est trouvé contraint par l’intensité des bombardements.
“Nous avions peur de sortir car (les partisans de Kadhafi) nous ont dit que le CNT nous ouvrirait la gorge”, témoigne-t-il près d’un point de contrôle à 10 km de la ville.
“Mais nous ne pouvions pas rester à cause des bombardements: il nous fallait saisir notre chance. Pourquoi l’Otan nous bombarde-t-il ?” s’interroge-t-il. “Nous avons été arrêtés à cinq point de contrôle et fouillés à chaque fois”, souligne-t-il.
Même chose pour Salem Hamis, lui aussi en fuite avec une grande partie de sa famille. “Notre maison a été touchée par une bombe. Elle a détruit trois pièces. Heureusement nous étions dans les autres. Nous ignorons d’où elle venait”, dit-il.
“Les bombardements de l’Otan sont effrayants. Tout est effrayant. Ils ne font pas de différence”, souligne-t-il. Lui aussi indique avoir vu sa voiture fouillée à plusieurs reprises sur la route de l’exode.
Un combattant du CNT présent à l’un des barrages routiers, Mohammed Chahomi, gesticule en direction de la longue file de déplacés venus de Syrte, ville à 360 km à l’est de Tripoli d’où ont déjà fui des milliers d’habitants depuis l’assaut le 15 septembre des forces du CNT contre les pro-Kadhafi.
“Ce sont tous des fidèles de Kadhafi. Mais quand l’Otan a lancé des bombes près d’eux, ils sont partis”, dit-il. “Ils savent que c’est sérieux à présent. Vous croyez qu’ils partent parce qu’ils croient en la révolution ? Ils ont juste peur”.