Libye/Mercenaires : Seïf al-Islam Kadhafi impliqué
Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a exigé que soient émis des mandats d'arrêt contre le chef libyen Mouammar Kadhafi, son fils Seïf al-Islam et le chef des services de renseignement, Abdoullah al-Senoussi, pour crimes contre l'humanité.
Aidé notamment par Interpol, Ocampo estime avoir recueilli suffisamment de preuves «attestant que Mouammar Kadhafi a lui-même donné des ordres, que Seïf al-Islam a organisé le recrutement de mercenaires et qu’ al-Senoussi a participé aux attaques lancées contre des manifestants». En un peu plus de deux mois, son bureau, indique-t-il, a mené 30 missions dans onze pays, examiné plus de 1.200 documents, et recueilli plus de cinquante témoignages. «L’enquête se poursuit», précise le procureur, dans l’attente de la décision des juges d’émettre ou non les mandats d’arrêt. Ils peuvent également lui demander des compléments d’information.
Selon la poursuite, Kadhafi Seïf al-Islam (décrit comme étant le « Premier ministre de facto »), et Abdoullah al-Senoussi (Le « bourreau », le « bras droit » de Khadafi) ont tenu régulièrement des réunions afin de coordonner la répression violente contre les manifestations antirégime qui ont commencé en février. Des ordres auraient été donnés pour supprimer les manifestations en ayant recours à des tireurs embusqués, des mitraillettes et des armes de gros calibre.
Le dossier du procureur en chef mentionne qu’il y aurait eu torture, déclarant : « Parmi les méthodes utilisées pour torturer de présumés dissidents : attacher des fils électriques sur les parties génitales des victimes en leur envoyant des décharges électriques et les fouetter avec des fils électriques après les avoir suspendus la tête en bas. »