Libye: sur le front de Syrte, un Egyptien veut prendre Kadhafi “mort ou vif”
En Egypte, il avait manifesté pacifiquement sur la place Tahrir du Caire pour réclamer la chute du président Hosni Moubarak. A Syrte, c'est une arme à la main qu'Ala al-Masri compte retrouver Mouammar Kadhafi, le “Guide” libyen toujours en fuite, “mort ou vif”.
Juché sur un pick-up surmonté d’armes lourdes, l’homme de 37 ans originaire de la région d’Alexandrie, dans le nord de l’Egypte voisine, se dit prêt à verser son sang pour retrouver le dirigeant déchu.
“Je suis ici avec mes frères libyens pour trouver Kadhafi. C’est un devoir humanitaire”, dit-il, au milieu de combattants des nouvelles autorités libyennes, avec lesquels il tente de prendre le bastion loyaliste de Syrte depuis plus de deux semaines.
A 360 km à l’est de Tripoli, Syrte est un enjeu de taille: c’est dans cette région qu’est né le colonel Kadhafi, qui a régné sans partage sur la Libye pendant plus de 41 ans.
Ala, habillé d’un tee-shirt bleu et d’un pantalon militaire kaki, est confiant que le fief kadhafiste va bientôt tomber. Pourtant, sur le terrain, les hommes du Conseil national de transition (CNT) n’avancent sur aucun des fronts est, ouest et sud de Syrte face à la résistance farouche des pro-Kadhafi.
“Je reconnais que ça a été difficile, mais dans quelques jours nous tiendrons Syrte”, déclare celui dont tous les camarades louent les manières douces et agréables.
Ala, qui se définit comme un partisan de la non-violence, dit s’être senti obligé de prendre les armes en voyant les forces du colonel Kadhafi “tuer” des manifestants à Benghazi, dans l’est du pays, d’où est partie en février la révolte populaire devenue conflit armé.
Alors, comme ses compagnons d’armes libyens, il ne se prive pas de brûler et de piétiner les affiches à la gloire du “Guide” déchu.