Libye: une grenade artisanale jetée sur le siège du CNT à Benghazi
– Des inconnus ont jeté samedi une grenade artisanale sur les locaux du Conseil national de transition (CNT) à Benghazi, dans l'est de la Libye, sans faire de victime, ont indiqué à l'AFP des témoins et un membre du CNT.
“Des gens manifestaient devant le CNT. Ensuite une grenade a été jetée sur les locaux”, a affirmé à l’AFP ce responsable, qui a souhaité conserver l’anonymat.
Des témoins ont de leur côté indiqué qu’une “jelatina” (grenade artisanale) avait été lancée sur le bâtiment au milieu d’une manifestation d’anciens rebelles blessés au cours de la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi.
La grenade n’a pas fait de dégâts, selon un correspondant de l’AFP qui s’est rendu sur place.Le dispositif de sécurité déployé autour du siège du CNT a été renforcé tandis que les manifestants continuaient leur sit-in devant le bâtiment.Selon des responsables locaux, une enquête est en cours pour identifier les auteurs de l’attaque.La “jelatina”, une grenade artisanale de fabrication locale, est souvent utilisée dans la pêche.
Cette petite bombe fabriquée à base de TNT avait été utilisée, durant la révolution libyenne, par les insurgés désarmés contre les points de contrôle du régime de Mouammar Kadhafi, notamment dans la capitale libyenne.
Le CNT a récemment fait face à des critiques inédites depuis la chute de Kadhafi. Un sit-in est toujours en cours à Benghazi, berceau de la rébellion contre Mouammar Kadhafi, pour réclamer davantage de transparence et l’exclusion des personnes ayant fait partie de l’ancien régime.
Jeudi, le vice-président du Conseil, Abdelhafidh Ghoga a été agressé par des étudiants en colère à l’université de Benghazi.
Le CNT avait alors mis en garde contre “toute atteinte ou agression” à son encontre, affirmant, dans un communiqué, qu’il était “la plus haute autorité politique légitime”, jusqu’à l’élection d’une assemblée constituante en juin.
Dans son communiqué, le CNT avait dénoncé des “campagnes agressives et programmées pour porter atteinte à sa réputation”, accusant des partisans de l’ancien régime d’être derrière ces campagnes en vue de “faire échouer la révolution”.
L’agression jeudi de M. Ghoga “ne sort pas de ce contexte et fait partie d’un plan odieux”, avait ajouté le CNT.