Mahmoud Mabhouh dirigeant des Brigades d’Al-Qassam assassiné à Dubai
Echorouk a rencontré au camp de Tell Ezaater à l’est de Jabalia, la famille du martyr, puis son frère Hassan Abderraouf El Mabhouh qui a passé 5 années de sa vie dans les geôles de l’occupant israélien.
- Echorouk : Nos condoléances d’abord. Pouvons-nous avoir un aperçu de la vie du défunt Mahmoud, que Dieu ait son âme ?
- Hassan El Mabhouh : Né le 14 février 1960 au camp de Jabalia où il a passé son enfance, Mahmoud el Mabhouh poursuivit ses études jusqu’à la fin du cycle secondaire puis travailla comme mécanicien. Il fréquentait assidument les mosquées, il était un fervent défenseur de la foi. Le camp est témoin de son intégrité et de son dévouement au sein de la société.
- Echorouk : Parlez-nous un peu de sa vie carcérale, car il a souvent été emprisonné par l’occupant….
- Hassan El Mabhouh : Mahmoud a été incarcéré en 1986-1987 pour possession d’une arme à l’atelier où il travaillait. Il a tenu bon et n’a fait aucun aveu même sous la torture, mais il avait écopé d’un an de prison. Mahmoud est une légende chantée par tous les prisonniers des geôles israéliennes.
- Echorouk : Quelle a été l’activité de Mahmoud durant la première intifada de 1987 ?
- Hassan El Mabhouh : A sa libération, Mahmoud avec ses compagnons ont exécuté des opérations dont la première au mois de mars 1989, consistant à tuer des soldats et cacher leurs dépouilles, puis négocier la relaxe de prisonniers palestiniens.
- Echorouk : Comment Mahmoud a-t-il été démasqué, puis traqué par les forces israéliennes ?
- Hassan El Mabhouh : Il a opéré la seconde fois avec une voiture volée aux juifs. Après un moment de flottement, il a été poursuivi par les israéliens qui l’ont rattrapé et sommé de s’arrêter. IL y a eu un accrochage entre l’ennemi et ses compagnons, ce qui lui a permis de fuir. C’était le 13 mai 1989, et depuis, Mahmoud n’est plus rentré à la maison. Il était en cavale pendant plusieurs mois avant de pouvoir quitter le pays.
- Echorouk : Comment communiquiez-vous, alors qu’il était en exil durant 21 ans ?
- Hassan El Mabhouh : Le contact était rare et c’était lui qui en fixait les modalités, soit par téléphone soit par lettre mais sans aucune régularité. Mais il faisait tout pour maintenir le contact et avoir des nouvelles de tous.
- Echorouk : Que pensez-vous des fuites israéliennes sur son interrogatoire par le Mossad quelques heures seulement avant son assassinat ?
- Hassan El Mabhouh : Nous connaissons Mahmoud et le Mossad le connait très bien. Mahmoud est rétif aux interrogatoires. Même s’ils l’écorchaient vif, il n’ouvrirait pas la bouche. Les marques de coups sur son corps prouvent qu’ils ont été cruels, sans pour autant lui arracher un aveu. Son nez était cassé, il avait des contusions derrière la tête et des traces d’électrocution et des hématomes sur tout le corps. Donc, ils n’ont rien pu en tirer.
- Echorouk : Que voudriez-vous déclarer à travers Echorouk ?
- Hassan El Mabhouh : Je vous remercie. Nous sommes une famille comme il y en a beaucoup en Palestine, nous sacrifions nos enfants les plus chers au nom de la dignité palestinienne et la gloire de l’Islam. Mahmoud nous a honoré et a honoré toute la nation arabe et musulmane.