Medelci: « L’Algérie aurait évité au régime syrien de sévères sanctions »
Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci a affirmé que l’Algérie s’est opposée, lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères arabes réunis au Caire, à certaines décisions prises par la Ligue arabe à l’encontre de la Syrie suspendue par l’Organisation le 12 novembre.
« L’Algérie et l’Égypte ont joué un rôle remarquable en modérant la version originale de la copie remise aux chefs des diplomaties des États arabes. Si la mouture est adoptée dans sa version originale, l’Algérie se serait retirée de la commission et n’aurait pas voté la résolution », a déclaré Mourad Medelci.
Le chef de la diplomatie algérienne a expliqué hier, lors d’une conférence de presse animée conjointement avec son homologue égyptien, Mohamed-Kamel Amr, que la position de l’Algérie et celle de l’Égypte vis-à-vis de la question syrienne étaient en harmonie. « Nous avons pris une position commune sur le dossier syrien. Nous avons fermement refusé toute décision ayant trait à une éventuelle intervention étrangère en Syrie », a ajouté Mourad Medelci.
Force est de noter que la position de l’Algérie soutenant la décision de suspension de la Syrie a suscité la réaction et l’étonnement de nombreux observateurs, eu égard à son attitude sur la crise libyenne.
Toutefois, une source du département de Medelci a déclaré à Echorouk que ce dernier a levé sa main au vote sur la suspension de la Syrie et a paraphrasé Mourad Medelci en annonçant : « L’Algérie soutient la décision des États arabes ».
Il n’écarte pas toutefois, la possibilité d’une éventuelle levée des sanctions imposées à la Syrie lors de la prochaine réunion qui se tiendra le 16 novembre prochain au cas où le gouvernement syrien s’engage à préserver la vie de ses citoyens et à cesser la violence exercée contre son peuple.
En revanche, il a indiqué que l’ État syrien est responsable des pertes humaines enregistrées lors des violences que connaît le pays. « La situation en Syrie est inquiétante. Nous, en tant que membres de la Ligue arabe, nous devons écouter les deux parties. Nous considérons que l’ État syrien est responsable de ce qui se passe dans ce pays, mais pas à lui seul d’assumer la responsabilité », a-t-il confié.
Interrogé sur la position de l’Algérie à propos de l’appel lancé samedi 12 novembre par la Ligue arabe à ses membres pour rappeler leurs ambassadeurs de Syrie en proie à de violentes protestations sociales, Medelci a répondu : « Il n’est pas question pour l’Algérie de mettre en œuvre la disposition de la décision de la Ligue arabe qui d’ailleurs permet à chaque pays de prendre sa décision de manière souveraine. (…) Elle ne rappellera pas son ambassadeur ».
Et d’ajouter :« L’ambassadeur de Syrie à Alger et l’ambassadeur d’Algérie en Syrie sont tous les deux les bienvenus et ils vont continuer à travailler dans un esprit le plus fraternel et le plus positif qui soit ».
“Bien au contraire, plus que jamais le moment est aujourd’hui au renforcement de la relation avec le gouvernement syrien pour mettre en œuvre plus concrètement encore le plan que nous avons adopté le 2 novembre dernier au niveau de la Ligue arabe”, a-t-il souligné encore.