Nord-Yémen: attaque chiite contre des sunnites: 20 morts
Des combattants de la rébellion chiite du Nord du Yémen ont attaqué samedi une école de fondamentalistes sunnites près de Saada, faisant 20 morts et 70 blessés, a annoncé dimanche une source tribale.
L’attaque a visé “Dar al-Hadith”, un institut formant des prédicateurs sunnites fondé dans les années 1980 à Dammaj, à une dizaine de kilomètres au sud de Saada, le fief des rebelles chiites, appelés également Houthis, a précisé cette source.
“Dar al-Hadith” est fréquenté par des étudiants venant du Yémen et de nombreux pays étrangers et vu par les Houthis, adeptes du chiisme, comme un centre de prosélytisme de l’islam sunnite dans leur région.
L’un des enseignants de “Dar al-Hadith” a affirmé sous le couvert de l’anonymat que l’assaut avait été précédé de deux semaines de blocus de la banlieue de Dammaj, pendant lesquelles les Houthis ont empêché l’acheminement de vivres pour une population estimée à 10.000 personnes.
Selon lui, les Houthis veulent venir à bout de ce centre sunnite, qu’ils accusent de faire partie d’une campagne pour les convertir à ce courant de l’islam et leur faire perdre leur identité chiite.
Le porte-parole des Houthis, Mohamed Abdessalam, a confirmé que des accrochages avaient opposé samedi des combattants de son groupe à “des salafistes, qui ont transformé Dar al-Hadith en un camp militaire”, après l’échec d’une médiation tribale.Il a précisé que son groupe avait “perdu moins de 10 hommes dans les combats”, mais que la situation était calme dimanche.
En outre, une source de sécurité de la province de Hijja, dans le nord-ouest du Yémen, a affirmé que 22 combattants Houthis et six hommes armés de l’opposition parlementaire avaient été tués dans des combats ces trois derniers jours.
Les opposants armés ont voulu empêcher une tentative d’implantation des Houthis dans une zone de la province de Hijja limitrophe de leur fief de Saada, a expliqué cette source.
Dans un communiqué publié vendredi, les Houthis ont accusé l’opposition d’avoir “trahi le sang des martyrs” et de s’être associé à un “plan américano-saoudien visant le Yémen”.