Quand Washington gèle son assistance sécuritaire à l'Algérie!
L’attitude des Américains vis-à-vis du vote de l’Algérie contre la décision de Trump a mis fin à l’un des plus importants dossiers liant intimement les deux pays depuis les années 1990, à savoir la coopération sécuritaire.
Les États-Unis n’ont jamais renoncé à ses aides estimées à environ 1.4 millions de dollars qu’elle octroie à l’Algérie au titre de la coopération sécuritaire. Toutefois, le vote de l’Algérie contre la décision américaine de transférer son ambassade à El Qods aurait poussé le locataire de la Maison Blanche à décider l’arrêt de ces aides, outre celles liées aux aides humanitaires (12 millions), celles destinées à la société civile (4 millions).
Rappelons que l’Algérie a été considérée comme étant une destination préférée des responsables américains spécialisés dans les questions sécuritaires, au point où plusieurs observateurs des relations algéro-américaines ont jugé que la coopération sécuritaire entre les deux pays a largement pris le dessus sur d’autres domaines, au moment où l’Algérie a tant besoin du soutien américain en matière des investissements.
L’arrêt de ces aides devrait à coup sûr mettre à mal l’un des dossiers de coopération bilatérale auquel les deux pays attachent une grande importance, à en croire les dires du nouvel ambassadeur de Washington en Algérie, John Desrocher qui s’est exprimé devant la Commission des affaires étrangères du Sénat américain.
Selon lui, les relations entre les deux pays se sont fortement consolidées au cours de ces dernières années, à travers son programme en Algérie qui est basé notamment sur trois axes primordiaux: le renforcement de la coopération sécuritaire, le développement du commerce et de l’investissement et le travail étroit avec ses homologues algériens.
Le diplomate américain a tenu à rappeler qu’Alger et Washington ont organisé ces dernières années des concertations de haut niveau en présence des entreprises des deux pays.
L’expérience que l’Algérie a acquise depuis plus de deux décennies dans la lutte contre le terrorisme lui valu d’être, aux yeux des Américains, un partenaire stratégique dans sa stratégie visant à faire face au phénomène non seulement dans la région de l’Afrique du nord et le Sahel mais dans le monde entier.
Avec l’entrée en vigueur de la décision de Trump, il y a lieu de se poser la question sur le sort d’échanges d’information entre Alger et Washington, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, sachant que les États-Unis aient toujours considéré des exploits algériens en la matière des acquis qui profitent aussi bien à ses voisins qu’à toute la région du Moyen-Orient.
Force est de souligner que ce n’est d’ailleurs pas que les officiels des deux pays divergent sur des questions à caractère sécuritaire. En effet, l’Algérie a déjà refusé l’implantation d’une base militaire américaine du Commandement des États-Unis en Afrique (Africom) sur son sol, sachant que le différend n’a pas amené les dirigeants américains jusqu’à arrêter leurs aides accordées à l’Algérie dans le cadre de la coopération sécuritaire.
En revanche, son attitude refusant la décision de l’administration américaine qui proclame El Qods capitale d’Israël et la réaction américaine pourrait éventuellement nuire aux services de sécurité des USA, car leur travail dans la lutte antiterroriste se focalise essentiellement sur l’échange permanent et intensif d’informations qu’ils pourraient perdre, s’ils perdaient un partenaire incontournable, comme l’Algérie.