Que veut Chakib Khelil au juste?
Les sorties “récurrentes” de l’ancien ministre de l’Energie et des mines, Chakib Khelil ne laisse presque plus personne de marbre.
Depuis son retour d’”exil” des États-Unis, l’ancien ministre de l’Energie n’a quasiment pas raté une seule occasion pour faire son apparition et revenir au devant de la scène, en commençant par de nombreuses visites dans des zawiyas, dont les responsables n’ont pas été avares d’éloges à son égard.
Rappelons qu’après l’arrivée de Bouteflika au pouvoir, les zawiyas ont été gracieusement considérées et ont eu un important rôle politique à jouer.
De retour au pays, Chakib Khelil ne s’est jamais vu contraint de se défendre lui-même suite aux scandales qui ont éclaboussé Sonatrach, mais il était réconforté par d’éminents politiques officiels et non-officiels qui ont pris sa défense et l’ont disculpé des faits qui lui seraient reprochés.
Entre autres, l’ancien ministre des Travaux publics, Amar Ghoul et le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia qui ont dit tout le bien qu’ils pensent de celui qui était jadis un des leurs au sein du gouvernement!
En outre, Chakib a été accueilli par certaines entreprises médiatiques -dites proches de l’entourage du pouvoir- qui lui ont confortablement offert une tribune pour proclamer son innocence et présenter également une issue de sortie de crise qui s’abat sur le pays.
En effet, ses dernières sorties ont été caractérisées par deux visions: la première concerne sa critique vis-à-vis certaine politique du gouvernement Ouyahia, notamment à propos du financement non conventionnel, présenté par les officiels comme étant un remède à l’effondrement des cours de pétrole. La seconde a trait à l’orientation générale de la politique d’investissement estimant que cette dernière serait prise en otage par l’hégémonie française, soulignant par là-même l’opportunisme des autorités françaises dans leur relation avec l’Algérie, et ce contrairement à certains de leurs partenaires dans la région du Maghreb.
De ce fait, il appelle à se libérer de toute domination étrangère au plan économique. Une position perçue par certains comme étant une tentative de s’ériger en bouclier contre le “lobby français ” ; qui empêche certaines puissances de mieux se positionner en Algérie, particulièrement les États-Unis. Les tentatives de ces derniers se seraient heurtées à des parties proches de l’ancien colonisateur.
De l’avis de certains observateurs, Chakib Khelil serait un éventuel candidat d’un des appareils du pouvoir sur qui il pourrait potentiellement compter, en l’occurrence lors de la prochaine élection présidentielle.
Ce qui rend aussi plausible cette lecture, c’est que Chakib Khelil était presque dans toutes les langues pour occuper un poste de responsabilité, dont celui du directeur de cabinet de la présidence de la République, vacant depuis août dernier, soit après la nomination de Ouyahia à la tête du Premier ministère.
D’ailleurs, nombreux sont ceux qui se demandent si Chakib Khelil ne semble pas mettre la barre très haut!