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Rafik Khalifa: « Mes milliards je les ai laissés en Algérie et les responsables savent où ils sont »

الشروق أونلاين
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Rafik Khalifa: « Mes milliards je les ai laissés en Algérie et les responsables savent où ils sont »

Après l’effondrement du plus grand groupe économique privé dans l’histoire de l’Algérie indépendante et la présentation de l’affaire Khalifa devant les tribunaux de Londres, Abdelmoumene Rafik Khalifa a passé quatre ans et sept mois dans une prison londonienne. L’affaire Khalifa qui a fait coulé beaucoup d’encre est loin d’être terminée. Pour rappel, l’Algérie a demandé l’extradition de Khalifa. Cette demande est basée sur des documents relatifs à la falsification de l’hypothèque de la villa familiale et d’un local commercial jusqu’à la constitution du groupe Khalifa. En attendant les développements de cette affaire, le suspense autour de l’extradition de Abdelmoumen Khalifa, reste entier.

Echorouk : vous êtes en prison depuis le mois de mars 2007, pourquoi votre affaire dure-t-elle encore ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : je vous réponds en vous posant une autre question : pourquoi la justice algérienne ne s’est pas penchée après plus de quatre ans sur les recours introduits lors de l’audience qui a eu lieu à la cour de Blida ? L’affaire dure encore parce qu’elle est très compliquée et la justice anglaise doit analyser et étudier minutieusement les documents et les preuves. En plus de cela, l’affaire dure encore vu qu’elle revêt un caractère politique et vu la nature des documents et des accusations inventées de toutes pièces contre moi.   

Echorouk : que voulez-vous dire par inventées de toutes pièces ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : l’affaire a mal débuté parce qu’elle ne s’appuyait sur aucune preuve concrète contre moi. Certains politiciens ont tout simplement lancé des accusations contre moi. Certains d’entre eux parlaient de la faillite de mes entreprises et la disparition de 14 milliards de dollars trois mois avant l’effondrement de Khalifa. Par ailleurs, certains médias m’ont jugé sous le titre «Le scandale du siècle». D’ailleurs le mandat d’arrêt lancé contre moi a été envoyé à la presse et non pas à la police.

Echorouk : voulez-vous dire par cela que vous étiez visé et que votre groupe ne se dirigeait pas vers la faillite ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : mes sociétés se portaient très bien, sinon comment expliquer ma capacité à acheter 30 % des actions de la banque française Société Générale. La faillite légale ne se déroule pas de la manière avec laquelle le groupe s’est effondré. Interrogez les spécialistes sur la manière avec laquelle se déroule la faillite légale et vous comprendrez que le manager administratif qui a été désigné à la tête du groupe a joué un rôle de premier plan pour «détruire» les sociétés de Khalifa. Les deux anciens ministre  Abdelatif Benachenhou et  Ali Benouari ont parlé à Echorouk il y a quelques semaines d’un plan visant la liquidation de Khalifa.

Echorouk : il y a eu des dépassements financiers au sein du groupe Khalifa. On cite par exemple l’arrestation à l’aéroport d’Alger de certains de vos proches tentant de faire passer deux millions d’euros dans l’un de vos avions en 2003.

Abdelmoumene Rafik Khalifa : ils ont dit qu’ils détenaient des photos des personnes impliquées, toutefois personne n’a vu ces photos. En plus de cela, cette affaire n’était pas le début de l’affaire Khalifa, mais parmi les derniers «actes» de l’affaire, vu que j’étais en Angleterre à cette époque là. Est-t-il logique que mes proches tentent de me ramener de l’argent alors qu’ils étaient sous surveillance au moment du déclenchement de l’affaire ? En outre, pensez-vous que la France est la meilleure destination pour fuir alors que les problèmes ayant un rapport avec l’affaire ont commencé dans ce pays ? Si les personnes arrêtées étaient parties vers Panama par exemple, l’affaire aurait été plus crédible.

Echorouk : vous étiez en Angleterre lors de l’effondrement du groupe Khalifa et vous n’êtes pas retourné en Algérie, ceci veut-il dire que vous avez fui pour échapper à la justice algérienne ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : je n’ai pas fui la justice algérienne et je n’ai pas fui l’Algérie. J’étais à Londres au moment de la détérioration de la situation du groupe et les choses n’étaient pas claires. En plus de cela, la justice n’était pas prête à résoudre l’affaire légalement. En Angleterre j’avais fait l’objet de plusieurs enquêtes menées par Scotland Yard. J’affronte la justice britannique depuis 2007, ce qui veut dire que je ne fui pas la justice. 

Echorouk : la police britannique vous a arrêté avant le lancement du mandat d’arrêt européen lancé par la justice française, qu’en dites-vous ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : c’est vrai. L’unité de Scotland Yard spécialisée dans les crimes économiques a voulu enquêter avec moi sur des blanchiments d’argent. Cependant elle n’a rien trouvé et j’ai été ainsi relâché. Par la suite j’ai été arrêté conformément au mandat d’arrêt lancé par la justice française.

Echorouk : voulez-vous convaincre les Algériens que le milliardaire Rafik Abdelmoumene Khalifa ne possède pas des fonds (argent) à l’étranger ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : si je possédais des comptes bancaires à l’étranger, des pays comme la France et l’Angleterre les auraient découverts en quelques minutes. Que tout le monde sache que le FBI a mené des investigations aux Etats-Unis mais n’a rien trouvé sur moi.

Echorouk : où sont passés alors les milliards de Khalifa ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : cette question devrait être posée aux responsables en Algérie parce que les milliards dont vous parlez je les ai laissés derrière moi en Algérie.

Echorouk : vous voyez-vous devant la justice algérienne prochainement ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : je ne sais pas. La question n’est pas aussi facile que le pensent les gens. J’ai plusieurs alternatives juridiques pour éviter mon extradition vers l’Algérie. Le dossier Khalifa est actuellement entre les mains des magistrats de la Cour de recours pour étude. Par la suite, j’aurai la possibilité d’introduire un recours au niveau de la Cour suprême. En cas d’échec de mes recours, je pourrai faire faire appel à la Cour européenne des droits de l’Homme.

Echorouk : que se passerait-il au cas où la Cour de recours refuserait de vous livrer aux autorités algériennes ?

Abdelmoumene Rafik Khalifa : peut-être qu’on va me libérer.

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