-- -- -- / -- -- --
إدارة الموقع

Rahabi: « L’Algérie n’a pas d’autre choix que d’ouvrir son espace »

الشروق أونلاين
  • 2881
  • 0
Rahabi: « L’Algérie n’a pas d’autre choix que d’ouvrir son espace »
Echorouk
L'ex-ministre et diplomate algérien, Abdelaziz Rahabi

L’ex-ministre et diplomate, Abdelaziz Rahabi a dit que l’Algérie n’a d’autre choix que d’autoriser le survol de son espace aux appareils français pour frapper les bastions des groupes terroristes au nord du Mali.

Abdelaziz Rahabi a indiqué qu’Alger a donné son aval avant même le début de l’opération militaire menée par les forces françaises, en critiquant le mutisme du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci en laissant le champ à son homologue français de prononcer le premier.

Quelle est la différence entre l’autorisation de survol de l’espace algérien et la participation de l’Armée algérienne dans la guerre au Mali?

Dans une guerre comme celle qu’on vit sur nos frontières sud, l’autorisation de l’Algérie de survol de son espace aux avions français n’est guère une opération simple, car elle doit être soumise à des conditions bien spécifiques. La reconnaissance par l’Algérie de la récente résolution du Conseil de sécurité de l’ONU l’oblige de participer à son application, dont l’autorisation faite par Alger entre dans ce sens mais ne l’oblige pas de participer militairement à cette guerre.

Je crois que les autorités algériennes ont donné leur autorisation de survol de son espace aux avions français avant même le début de l’opération militaire au Mali.

L’ouverture de son espace ne signifie guère sa participation militaire à l’offensive.

C’est le ministre français des Affaires étrangères qui a annoncé l’autorisation de survol du territoire algérien aux avions français et non le ministre algérien ni autre responsable du pays…que cela signifie ?

Ce n’est pas nouveau pour l’Algérie et pour certains Etats arabes et africains. Les dirigeants ne prennent pas au sérieux l’opinion publique, en continuant à traiter le citoyen d’immature mais ils cherchent toutefois à l’impliquer dans des affaires qu’il ignore.

En Algérie, le Parlement ne contrôle point le gouvernement dans sa politique étrangère qui est soumise au président de la République. Celui-ci ne s’est encore pas prononcé devant le peuple sur la guerre qui se déroule sur nos frontières sud.

Traiter cette question de cette manière et ne pas prendre l’opinion publique au sérieux aurait des répercussions néfastes car la presse internationale de par ses analyses pourrait créer une double interprétation des événements, ce qui affecte sensiblement le consensus national sur la politique extérieure.

S’ajoute à cela, l’absence de la classe politique et de l’élite civile et militaire en matière de sensibilisation sur cette question. Ces dernières finiront par le constat que le front intérieur ne soit guère moins sensible que ce qui se passe au niveau de nos frontières.

Qu’est ce qui a fait que l’Algérie change diamétralement de position?

Après l’adoption de la résolution 2085 du Conseil de sécurité, j’avais pressenti l’échec de l’option algérienne favorisant une « solution négociée et diplomatique » pour de multiples raisons:

1- Le recul de la place de l’Algérie dans le continent au cours de ces 10 dernières années

2- Le gouvernement malien n’est pas prêt pour négocier avec Ansar Eddine et le MNLA car ces derniers refusaient de se soumettre au pouvoir malien

3- Le nouveau rôle attribué à l’Ecowas, non seulement par la volonté de la France mais aussi du poids du Nigeria, partenaire du Nepad qui use de toutes ses forces pour briser les liens reliant le groupe « Boko Haram » avec d’autres groupes terroristes activant au Sahel

4- Les nouvelles alliances stratégiques dans la région ont marginalisé le rôle de l’Algérie réduite en force complémentaire.

Qu’obtiendra l’Algérie en contrepartie de ses concessions faites à la France (ouverture de son espace)?

Je ne crois pas qu’Alger ait fait des concessions, comme je ne crois pas qu’elle soit forcée pour accorder des facilités aux forces françaises dans l’opération qu’elles mènent contre les groupes terroristes au Mali. L’action de l’Algérie s’inscrit dans le respect de la globalité des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Si je devais résumer tout cela, je dirais que l’Algérie n’a pas d’autre choix que d’ouvrir son espace.

Quelles seront les retombées de cette guerre sur l’Algérie?

Les retombées de la guerre seront diverses. Sur le plan humain: en cas d’exode de civils maliens en Algérie, eu égard des liens existant entre l’Azawad et Touareg, qui est le seul pays de la région en mesure de leur offrir la sécurité, la prise en charge sanitaire et alimentaire, il y a aussi un risque d’infiltration dans ses territoires de groupes armés de différents types d’armes récupérées par les terroristes lors du conflit Libyen.

En conclusion, je dois dire que la guerre imposée à l’Armée nationale populaire (ANP) est l’une des plus désastreuses, sachant que la tension a monté d’un cran dans toutes nos frontières longues de près de 7 000 km avec les pays du Sahel.

Nous n’avons pas connu une telle situation depuis 50 ans et je ne crois pas que les acteurs de la scène politique soient conscients des conséquences de ce conflit. Si le front intérieur n’agit pas vite, la situation sera sérieusement aggravée.

Ajoutez un Commentaire

Tous les champs sont obligatoires et votre e-mail ne sera pas publié. Veuillez respecter la politique de confidentialité.

Votre commentaire a été envoyé pour examen, il sera publié après approbation!
Commentaires
0
Pardon! Il n'y a pas de contenu a afficher!