Raissi à Echorouk : Je me bats par principe et pour ma dignité….et qu’ils gardent leur argent !
Lotfi Raissi, l’aviateur accusé à tort d’avoir formé le pilote qui s’est crashé sur le Pentagone lors de l’attentat suicide du 11 septembre 2001, et dont l’affaire constitue un sujet de choix pour les médias britanniques, a déclaré qu’il ne renoncerait jamais par principe à la conviction que le ministre britannique de la justice lui doit des excuses, car dit-il, « Les dignes fils de l’émir Abdelkader, El-Mokrani et Larbi Ben-Mhidi ne renonceraient pas une affaire qui touche à leur honneur ».
- « Dans sa lutte anti-terroriste, Scotland yard a commis des dépassements, violé la loi et usé de procédés musclés », a assuré Raissi lors de l’entretien accordé à Echorouk, à son arrivée à Alger.
- Echorouk: Comment s’est fait votre premier voyage vers les USA ?
- Raissi: Je suis parti du principe qu’un peuple instruit n’a pas faim. Mais j’ai
- été victime de ce qu’ils appellent la lutte anti-terroriste. Je n’ai rien à
- voir avec le terrorisme et tout algérien doit se défendre là où il se trouve
- dans le cadre de la loi. Pour moi, c’est une question d’honneur.
- Echorouk: Comment la justice britannique a-t-elle traité votre affaire ?
- Raissi: J’ai été arrêté et incarcéré durant 5 mois. Le tribunal a rendu le
- verdict de l’accusation sans fondement, pas celui de mon innocence, je
- tiens à le souligner. Je me suis constitué partie civile avec l’appui
- d’avocats comme Edward Fitzgerald afin de recouvrer ma dignité.
- L’affaire a duré 6 ans et le tribunal a reconnu mon innocence et les
- dépassements commis à mon égard par le procureur général.
- Echorouk: Quels ont été les abus de la police britannique ?
- Raissi: L’usage de l’autorité est excessif et la loi est carrément enfreinte par
- les sections 5 et 6 de lutte anti-terroriste de Scotland yard. Les
- américains avait demandé aux anglais de surveiller les pilotes
- instructeurs, sauf que la police a usé de la force et j’ai été arrêté. Après
- que les USA aient demandé mon extradition, ils se sont rétractés car il
- a été prouvé que je n’avais aucun lien avec le terrorisme.
- Je fus présenté à la justice chaque semaine et comme le procureur ne
- montrait aucune preuve, je fus relaxé après 5 mois de détention.
- Echorouk: Sur quelle base avez-vous donc été arrêté ?
- Raissi: Je suis pilote, instructeur, arabe et musulman….. Cela a été suffisant
- pour créer un scénario sans aucun fondement.
- Echorouk: Qu’avez-vous demandé à la justice britannique ?
- Raissi: Le tribunal a décidé que le ministre de la justice devait revoir sa
- décision et demander des excuses publiques avant un quelconque
- dédommagement. Aujourd’hui, dimanche, il reste 26 jours du délai
- imparti au ministre pour appliquer la décision. Passé ce délai, le
- ministre aura enfreint la loi et sera passible d’une accusation
- d’outrage à la magistrature britannique. D’ailleurs, la juge Lady
- Smith a déclaré que j’avais toutes les raisons d’être en colère et que
- j’ai été victime de la transgression de la loi britannique.
- Echorouk: Est-ce que le pilote saoudien a été cité durant ton procès ?
- Raissi: Ils ont dit être en possession d’une vidéo où je figure avec cette
- personne. Mais en réalité, ils ont présenté à la cour, une photo de moi
- avec mon cousin algérien prise à mon domicile de G.B. Mon cousin
- n’a rien à voir avec le monde de l’aéronautique et il ont dit qu’il était le
- saoudien auteur de l’attentat suicide.
- Echorouk: Etait-ce la seule « preuve » présentée à la justice?
- Raissi: L’unique. Ils ont dit que j’avais entrainé 20 pilotes, ensuite 5, puis un
- seul. J’ai vécu 9 années en luttant pour mon innocence, 9 années où
- j’étais sur la liste noire de l’aviation et il est regrettable que durant tout
- ce temps aucun responsable de mon pays n’ait pris de mes nouvelles.
- Echorouk: Comment avez-vous passé les 5 mois à la prison de Belmarsh ?
- Raissi: C’était l’occasion pour certaines parties de se débarrasser de moi. Dans
- ce pénitencier, j’ai été victime de deux tentatives de meurtre.
- Echorouk: Où avez-vous puisé la force de vous battre ?
- Raissi: C’est un honneur qu’un simple citoyen algérien demande des excuses
- de la part du ministre britannique de la justice. Je puise ma force dans
- ce qu’a dit le défunt président Boumediene, « Un peuple instruit n’a pas
- faim ». Ces mots ancrés dans mon cœur et dans ma mémoire m’ont
- poussé à aller aux États-Unis et en Grande-Bretagne pour devenir
- aviateur, mais…. Le gouvernement britannique s’est mis dans une
- situation qui a créé un problème judiciaire dans ses structures et
- reconnait tacitement avoir buté sur un algérien qui ne pardonne pas.