Réactions opposées sur la visite de Jean-Marc Todeschini !
Les réactions divergent au sein de la famille révolutionnaire sur la visite potentielle du secrétaire d’Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, à Sétif, pour participer à la célébration du 70e des événements tragiques du 8 Mai 1945.
Certains l’ont qualifiée d’une démarche vers la normalisation de la mémoire politique entre les deux pays et une démarche visant à améliorer les relations bilatérales entre les deux Etats, tandis que d’autres ont parlé en revanche d’effet d’annonce visant à semer le doute dans l’esprit des Algériens exigeant la reconnaissance officielle par la France de ses crimes perpétrés en Algérie.
Le secrétaire général de l’Organisation des enfants de chouhada, Tayeb El Houari, estime que la visite du secrétaire d’Etat français chargé des anciens combattants et ses déclarations sur « les événements du 8 mai 1945 » ne sont qu’un effet d’annonce à travers lequel la France tente de semer le doute autour de la revendication principale des Algériens, à savoir la reconnaissance par la France de ses crimes orchestrés durant 130 ans.
Dans une déclaration à Echorouk, Tayeb El Houari a indiqué que la France fait recours à la politique « deux poids, deux mesures » chaque fois qu’elle évoque le cas d’Algérie en faisant parallèle un pas en avant et un autre en arrière.
Selon lui, elle ne fait que jeter de la poudre aux yeux des Algériens en essayant d’esquiver la revendication de la criminalisation du colonialisme en soulevant certaines étapes, à l’image de reconnaissance des victimes d’essais nucléaires, affirmant que la France n’a pas commis des crimes dans des localités précises mais elle a agressé toute une nation, un peuple et une patrie.
Selon lui, il s’agit d’une question de principe pour son organisation.
« La France a commis des crimes qu’elle doit reconnaître et indemniser les victimes », insiste-t-il.
« Le responsable français est le bienvenu si sa visite est une démarche vers la reconnaissance des crimes commis par l’armée coloniale de 1830 à 1962, et il n’est pas le bienvenu s’il veut esquiver cette revendication », ajoute El Houari.
En revanche, le député FLN, Moussa Abdi, initiateur de la proposition du projet de loi criminalisant le colonialisme, a qualifié cette visite d’une démarche vers la reconnaissance par la France de ses crimes commis en Algérie.
Pour lui, cette démarche a été précédée par d’autres, dont l’arrivée de la gauche française au pouvoir, elle qui, selon lui, traite avec professionnalisme la question de la Mémoire et les questions liées aux droits de l’homme.
Contacté par Echorouk, Moussa Abdi a rappelé que François Hollande a reconnu lors de la campagne électorale de la présidentielle 2012 la répression exercée par la France contre les manifestants algériens lors des manifestations du 17 octobre 1961.
Pour lui, la gauche française compte de se racheter lors des prochaines élections législatives après une lourde défaire lors des municipales, et ce en tentant d’attirer les voix des immigrés d’origine algérienne et arabe en général.