RSF met en garde les femmes journalistes après des viols en Egypte
Reporters sans frontières (RSF) a lancé vendredi une mise en garde à l'intention des femmes journalistes se rendant en reportage en Egypte, en particulier sur la place Tahrir au Caire, épicentre de la contestation, après après une série d'agressions sexuelles.
“Il est plus dangereux pour une femme que pour un homme de couvrir les événements de la place Tahrir. C’est une réalité à laquelle les rédactions doivent faire face. C’est la première fois que des agressions sexuelles répétées sont commises dans un même lieu contre des femmes journalistes. Les rédactions doivent se poser la question lorsqu’elles envoient des équipes sur place et prendre des mesures de protection particulières”, a préconisé RSF dans un communiqué.
Jeudi, RSF avait demandé aux rédactions de “cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte”, après l’agression contre une journaliste de France 3, ce qui avait provoqué un début de polémique.
“C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne. Les rédactions doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Egypte”, avait écrit RSF dans un communiqué.
“C’est malheureux d’en arriver là, mais face à la violence de ces agressions, il n’existe pas d’autre solution”, selon l’organisation.
La journaliste de France 3, Caroline Sinz a déclaré à l’AFP que son cameraman, Salah Agrabi, et elle-même avaient commencé à être pris à partie dans une rue menant de la place Tahrir au ministère de l’Intérieur.
“Nous étions en train de filmer dans la rue Mohamed Mahmoud quand nous avons été assaillis par des jeunes de quatorze ou quinze ans”, a-t-elle raconté. “J’ai été tabassée par une meute de jeunes et d’adultes qui ont arraché mes vêtements” et qui ont procédé à des attouchements répondant “à la définition du viol”, a-t-elle dit.