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Stora:” La France n’a rien fait pour surmonter la crise avec l’Algérie”

Echoroukonline
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Stora:” La France n’a rien fait pour surmonter la crise avec l’Algérie”

L’historien français Benjamin Stora, spécialiste du colonialisme et de la mémoire historique, attribue les crises politiques et diplomatiques récurrentes entre Paris et Alger à l’incapacité d’une certaine élite française à se confronter au réel et à reconnaître la pleine indépendance ainsi que la souveraineté de l’Algérie.

 Selon lui, cette frange politique recourt périodiquement à la fabrique de crises et à l’orchestration de polémiques. Interrogé sur la place prépondérante que prend l’Algérie au cœur des débats de la campagne présidentielle française, M. Stora, qui copréside le comité mixte pour la mémoire historique, a affirmé : « Certains en France n’ont toujours pas assimilé le fait que l’Algérie soit un État indépendant et souverain depuis 1962. »

Dans une séquence vidéo publiée récemment, le chercheur a souligné la singularité de la trajectoire algérienne au regard des autres anciennes colonies françaises : « La France a mobilisé un million et demi de soldats durant la guerre d’indépendance. De surcroît, un million d’Européens résidaient en Algérie et ont quitté le territoire après 1962, auxquels s’ajoutent les Harkis et leurs descendants, ainsi que la diaspora algérienne. Ces données démographiques et ces considérations historiques pèsent d’un poids considérable dans le paysage électoral français. »

Benjamin Stora a poursuivi son analyse en rappelant des réalités géopolitiques contemporaines : « L’Algérie demeure le plus vaste pays d’Afrique par sa superficie et s’impose comme le premier exportateur de gaz du continent. L’extrême droite se doit de capituler devant l’évidence et d’admettre la souveraineté de l’État algérien. Il s’agit d’une réalité incontournable dont la France est impérativement tenue de s’accommoder. »

Enfin, le spécialiste de l’histoire coloniale a évoqué les écueils qui ont jalonné son parcours académique en France en raison de ses engagements mémoriels. Il a notamment fait état des vives attaques subies de la part de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, déclarant : « M. Sarkozy m’a inscrit sur une liste noire de 2006 à 2009 en raison de mes prises de position. » Une confidence par laquelle l’historien a réaffirmé sa conviction que la géographie demeure le déterminant majeur de l’histoire.

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