Syrie: une jeune femme de 18 ans morte en détention
Zainab al-Hosni avait 18 ans. Le corps atrocement mutilé de cette jeune Syrienne a été retrouvé « par hasard » le 13 septembre dernier par sa famille, alors que celle-ci se rendait à la morgue pour identifier le corps de son frère Mohammad, un manifestant syrien lui aussi arrêté, torturé et manifestement tué en détention.
Enlevée le 27 juillet dernier
La jeune femme avait été enlevée le 27 juillet dernier par des hommes soupçonnés d’appartenir aux forces de sécurité. Leur objectif était vraisemblablement de faire pression sur son frère Mohammad Dib al Hosni, un militant, afin qu’il se rende, selon Amnesty. Il a finalement été interpellé le 10 septembre dernier. Trois jours plus tard, la mère de Mohammad et Zainab a été convoquée par les forces de sécurité pour récupérer la dépouille de son fils dans un hôpital militaire. Elle y a également retrouvé sa fille…
Amnesty parle « de crimes contre l’humanité »
Ce double homicide porterait à 103 le nombre total de morts en détention signalées depuis le début des manifestations appelant à la chute du régime en Syrie. A chaque fois, les corps des victimes portaient des signes de coups, de blessures par balles et de coups de couteau. « Le nombre croissant d’informations faisant état de personnes qui meurent derrière les barreaux ne fait qu’apporter la preuve que des crimes contre l’humanité sont commis et doit inciter le Conseil de sécurité de l’ONU à saisir la Cour pénale internationale de la situation en Syrie », martèle Philip Luther. Le bilan de la répression des manifestations antigouvernementales qui durent depuis six mois en Syrie s’élève désormais à 2.700 morts, a annoncé lundi le Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’Onu. Des milliers d’autres personnes auraient été arrêtées et seraient toujours détenues dans des lieux secrets.