Tahar Ouettar veut désigner son successeur
Tahar Ouettar
Notre illustre écrivain Tahar Ouettar a bien voulu nous recevoir chez lui, dans sa merveilleuse bibliothèque en dépit de sa fatigue accentuée par les séances de chimiothérapie qu’il a subies à Paris. L’auteur d’Al hawwat wa Al Qasr défend avec autant de ferveur ses convictions idéologiques et politiques. Au cours de l’entretien qu’il nous a accordé, le “père” d’El-Djahidhia nous révèle son intention de désigner son successeur.
- Echorouk: Lors de votre thérapie à Paris, comment avez-vous fait face à la maladie et avez-vous trouvé le soutien de vos amis ?
- T.Ouettar: J’étais résigné comme tout malade à ce stade de la maladie. Je ne me souviens de rien de mes trois premières semaines à l’hôpital. J’étais dans un autre monde. Cependant je ne nie pas le grand soutien de mes proches et amis résidant en France, des poètes, des journalistes et des écrivains comme Harbi, Hilmi et son épouse, El-Ghazi, Wassini Laradj et son épouse. Mes amis en Algérie n’ont pas été en reste…des appels et des e-mails me sont parvenus de tous les coins du monde particulièrement des pays arabes. J’avais l’impression qu’El-Djahidhia s’était déplacée de la rue Rédha Houhou à Paris.
- Echorouk: Nous avons entendu dire que vous avez été à El Djahidhia dès votre retour en Algérie en dépit de votre état. Était-ce là un sacrifice ?
- T.Ouettar: Effectivement. Je m’y suis rendu et j’y ai même travaillé deux jours durant. Des questions pressantes nécessitaient ma présence pour que les choses puissent fonctionner normalement.
- Echorouk: Comment l’auteur d’Al Laz a-t-il trouvé les lieux?
- T.Ouettar: El Djahidhia se porte bien mais elle a besoin d’un congrès pour la désignation d’un autre responsable. Je ne peux désigner personne et je laisse la tâche au congrès. Toutefois, le nouveau président devra être neutre et loin de toute implication politique, conformément au règlement intérieur de l’association. Il devra servir la culture et les objectifs tracés.
- Echorouk: Votre maladie ne vous a pas empêché de vous intéresser à l’élection présidentielle. Vous avez exprimé votre soutien au parti des travailleurs même si c’est Bouteflika qui a pris en charge vos soins à Paris. Est-ce là la conscience de l’électeur ou du militant politique ?
- T.Ouettar: Ce sont mes principes qui me guident. Je ne suis pas ingrat envers le président Bouteflika et je ne peux pas être contre sa candidature ou son retour. Ce qui concerne les autres, mes positions sont claires. Je suis avec les prolétaires, et aujourd’hui il existe un parti politique présidé par Louisa Hanoune qui soulève les préoccupations du prolétariat.
- La question m’a déjà été posée lors du deuxième mandat du président et j’avais clairement dit avoir voté pour Hanoune. Je sais que Louisa Hanoune ne gagnera pas mais ça concerne les principes. Je la soutiens et s’agissant du candidat pour lequel je voterais, c’est une question personnelle qui dépend des convictions devant l’urne. Je remercie par ailleurs le président de la république qui ne m’a pas offert une prise en charge ordinaire mais une prise en charge digne d’un ministre ou d’un diplomate. Ça reflète une considération pour ma personne et c’est pour moi une faveur que je ne peux nier.