Tunisie: le président exhorte les Tunisiens à vivre “avec et malgré leurs différences”
Le président tunisien Moncef Marzouki a exhorté mardi tous les Tunisiens à vivre ensemble “avec, et malgré leurs différences”, dans un discours à l’occasion de la fête nationale de l’indépendance.
“Que cette fête soit une occasion pour nous tous de repenser nos relations, de vivre avec nos différences et malgré nos différences”, a déclaré le président tunisien lors d’une cérémonie de lever du drapeau au palais présidentiel de Carthage.
“L’union nationale ne peut pas durer si elle est bâtie sur l’incompréhension, la haine et la division”, a poursuivi M. Marzouki, aux côtés de qui se tenaient le Premier ministre Hamadi Jebali et le président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar.
“Nous avons vécu ce mois-ci deux tentatives criminelles pour porter atteinte à cette union, qui visaient clairement à semer la sédition et la haine entre les citoyens”, a poursuivi M. Marzouki.
Il se référait à un incident survenu le 7 mars à la Faculté de lettres de la Manouba, lorsqu’un salafiste a tenté de remplacer le drapeau tunisien par le drapeau noir de l’islam, “un étendard que nos martyrs n’ont jamais porté”, selon M. Marzouki.
Le deuxième incident concerne des Corans retrouvés déchirés dans des mosquées à Ben Guerdane (sud) la semaine dernière, “un crime que les mots sont insuffisants à condamner”, a-t-il martelé.
“Au nom de l’Etat tunisien, je présente mes excuses à tout Tunisien qui a subi des injustices pour ses idées et ses croyances depuis l’indépendance jusqu’à nos jours”, a déclaré M. Marzouki.
Il a évoqué la rivalité entre les deux leaders de l’indépendance, Habib Bourguiba, élu président en 1957 et considéré comme le bâtisseur de la Tunisie moderne, et Salah Ben Youssef, défenseur de l’ancrage du pays dans le monde arabo-musulman, assassiné en 1961.
“Aujourd’hui rien ne justifie la poursuite de l’injustice vis-à-vis des Yousséfistes et rien ne justifie le fait de diaboliser les Bourguibistes. Nous les fils de la nation, adoptons leur histoire militante”, a déclaré M. Marzouki.
Les Tunisiens fêtent mardi le 56e anniversaire de l’indépendance du pays, conquise après 75 ans de protectorat français.
Cette fête nationale se déroule dans un contexte délicat, marqué par l’accroissement des tensions entre les camps “islamistes” et “modernistes” qui s’affrontent sur la question de l’identité tunisienne.