Un ex prisonnier Algérien raconte son calvaire dans les geôles Libyennes
Abdelwahab Biskri
Abdelwahab Biskri fait partie d'un groupe d'ex détenus Algériens récemment libérés par les autorités Libyennes après une détention de plus de 6 années en Libye durant lesquelles il a subi, dira-t-il, avec ses compagnons d'infortune d'affreuses tortures de la part de leurs geôliers Libyens.
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“Echorouk” s’est rendu à son domicile dans la ville de Biskra, dans le Sud-est Algérien, pour en savoir plus sur les conditions de sa détention en Libye.
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Q : Comment vous est-il arrivé l’idée d’entrer en territoire Libyen?
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R : En fait, mes activités commerciales en Libye remontent aux années 90.
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Au début, je partais en Libye avec un groupe de jeunes pour ramener des pièces détachées et des effets vestimentaires pour les revendre ensuite à Biskra.
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Après 3 années d’activité, j’ai trouvé que je ne faisais aucun bénéfice et que je travaillais à perte. Avec plusieurs membres de ma famille, on a décidé de nous tourner vers la filière de l’or, qu’on ramenait clandestinement de Libye pour le revendre en Algérie.
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Q : Est ce que cela était facile?
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R : Non, ce n’était pas facile mais je comptais sur l’aide de plusieurs contrebandiers Libyens à qui je versais 50 mille dinars pour chaque lingot d’or passé de l’autre côté de la frontière.
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Ce “business” a duré jusqu’au 17 Février 2005. Ce fut le jour où je fus arrêté avec en ma possession 2.350 kilogrammes d’or qui m’ont été refilé par des contrebandiers Libyens.
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Alors que j’étais en route vers Ghadès, je fus arrêté par des hommes armés qui m’ont conduit illico presto vers un centre de détention dans les environs de Ghadès.
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A ma grande surprise, je fus accusé de trafic de stupéfiants alors que je n’avais jamais touché à ces choses là.
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Q : Que s’est-il passé ensuite?
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R : C’est à ce moment que mon calvaire a commencé. Malgré mes dénégations, les Libyens m’ont obligé à signer une déclaration à mon corps défendant, confirmant les fausses accusations portées contre moi.
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On m’a confisqué 500 Euros et une grande somme en monnaie Libyenne ainsi que la quantité d’or que j’avais sur moi, en plus de mon passeport et d’autres documents personnels.
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Avant d’être envoyé devant le juge, les Libyens m’ont fait subir des tortures épouvantables durant toute cette période.
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Q : Parlons à présent de votre procès en Libye?
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R : Je fus présenté devant le tribunal en Février 2006. J’ai dû payer un avocat Libyen la somme de 500 mille dinars pour espérer faire tomber la peine de mort qui pesait sur moi.
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Et le 11 Janvier 2007, je fus transféré à la prison d’Al Djadida à Tripoli où j’étais constamment maltraité de façon inhumaine.
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Là bas, j’ai rencontré 20 détenus Algériens qui avaient été également condamné à la peine capitale.
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Après plusieurs protestations, notamment des grèves de la faim que nous avons entamé ensemble en prison, nous avons reçu la visite de représentants de l’état Libyen et du Consul Général de l’Ambassade d’Algérie en Libye ainsi que de défenseurs des droits de l’homme venus d’Algérie.
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Je dois préciser que plusieurs détenus Algériens sont malheureusement décédés dans cette prison Libyenne à cause des très mauvaises conditions de détention.
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