Yémen : 45 blessés de plus et déjà 140 morts
La police yéménite a blessé 45 personnes, dont certains par balles réelles, en tentant de disperser des manifestants dans deux villes du pays, ont rapporté mercredi des témoins.
A Taez (sud), la police a tiré à balles réelles et avec des balles en caoutchouc, faisant 40 blessés, a précisé Sadeq al-Shujah, un médecin. Selon le militant Nouh al-Wafi, les manifestants ont pris le contrôle d’un bâtiment du ministère du Pétrole, et accroché une banderole à l’entrée annonçant: « Fermé jusqu’à nouvel ordre par la révolution de la jeunesse ». Selon le militant Mohammed al-Amari, cinq autres manifestants ont également été blessés à Bayda, dans le centre du pays. Plus de 140 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations au Yémen appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Les États-Unis ont condamné jeudi la violence du régime yéménite, qui a fait 19 victimes en 24 heures parmi les manifestants hostiles au président Saleh, et appelé à ce que s’engage immédiatement la transition dans le pays. Les États-Unis sont profondément inquiets des récentes violences qui ont eu lieu à travers le Yémen. Ils joignent leur voix à celle de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton ,pour condamner fermement ces actes préoccupants, écrit Mark Toner, porte-parole du département d’État dans un communiqué.
Dix-neuf manifestants hostiles au président yéménite Ali Abdallah Saleh ont été tués en 24 heures par les forces de l’ordre. « Nous appelons les forces yéménites à faire preuve de la plus grande retenue, à s’abstenir de recourir à la violence et à respecter les droits des Yéménites à se rassembler de manière libre et pacifique pour exprimer leurs opinions », ajoute M. Toner. Les États-Unis saluent les efforts du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour parvenir à un accord bénéfique au peuple yéménite, poursuit le communiqué. Les dirigeants des monarchies du CCG ont proposé un plan de sortie de crise pour le Yémen prévoyant la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard de Saleh en échange de son immunité, puis une élection présidentielle dans les 60 jours. « Nous appelons toutes les parties à signer cet accord immédiatement et à le mettre en œuvre afin d’assurer une transition du pouvoir ordonnée et pacifique », ajoute Toner. La transition doit immédiatement commencer afin que les aspirations du peuple yéménite à un avenir plus prospère et démocratique puissent être réalisées, conclut-il.