Yémen: l'ONU appelée à saisir la CPI contre le président Saleh
Un député de l'opposition yéménite a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU, qui tient lundi une réunion sur le Yémen, à saisir la Cour pénale internationale (CPI) contre le président Ali Abdallah Saleh pour son refus de signer un plan de sortie de crise.
“Nous appelons le Conseil de sécurité à imposer des sanctions au président Saleh et à le traduire devant la CPI”, a lancé Foued Dahaba, député du parti islamiste Al-Islah, qui a dirigé la prière musulmane hebdomadaire sur la rue Sittine, près de la place du Changement, épicentre de la contestation.
Le Conseil de sécurité doit faire lundi le point sur la situation au Yémen à la lumière d’un rapport que lui soumettra l’émissaire de l’ONU à Sanaa, Jamal Benomar, qui tente de favoriser une transition pacifique.
Cette transition est jusqu’à présent entravée par le refus de M. Saleh de signer un plan proposé par les monarchies du Golfe, qui prévoit sa démission en échange de l’immunité pour lui-même et ses proches.
“La solution passe désormais par le jugement (de M. Saleh), et non pas par la signature de l’initative” du Golfe, a lancé l’imam à l’adresse d’une foule immense rassemblée pour la prière du vendredi.
“Il n’y a point d’immunité, ni de garantie. Fidélité au sang des martyrs”, “Nos martyrs ont écrit par leur sang: Saleh doit être jugé”, répétait en choeur la foule, qui a récité la prière du mort pour deux des “martyrs de la révolution”.
Les partisans du régime ont participé pour leur part à la prière hebdomadaire sur la rue Sabbine, qui jouxte le palais présidentiel à Sanaa, et crié leur attachement au chef de l’Etat.
“Le peuple veut Ali Abdallah Saleh”, “le peuple veut la sécurité et la stabilité”, ont-t-ils répété après avoir écouté leur imam, qui appelait au dialogue et dénonçait la violence.
Le Conseil de sécurité de l’ONU va discuter lundi du refus de M. Saleh de quitter le pouvoir et de la violence croissante qui exige une action internationale, selon des diplomates.
Le 21 octobre, les quinze pays membres du Conseil avaient adopté à l’unanimité une résolution condamnant les attaques menées contre les manifestants par les forces gouvernementales et apportant leur soutien au plan du Golfe.