Côte d’Ivoire : la CPI va enquêter
Les juges de la Cour pénale internationale ont autorisé, le 3 octobre, le procureur à ouvrir une enquête sur les crimes commis en Côte d’Ivoire.
Luis Moreno Ocampo pourra donc poursuivre les responsables des crimes commis en Côte d’Ivoire, notamment suite à l’élection présidentielle de novembre 2010, qui selon l’ONU, avaient fait plus de 3000 morts.
Le procureur va désormais pouvoir se rendre sur le terrain, en Côte d’Ivoire, et enquêter sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis dans le pays.
Si le procureur cible spécifiquement les crimes commis depuis le second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre 2010, cette enquête ne s’arrêtera pas au 11 avril, date de l’arrestation de Laurent Gbagbo par les forces loyales au nouveau chef de l’Etat, Alassane Ouattara.
Les juges précisent que les crimes qui pourraient être commis aujourd’hui ou dans le futur, en lien avec le conflit, doivent aussi faire l’objet d’une enquête.
Dans le viseur de la CPI
A ce stade, aucun nom n’a été divulgué, mais le procureur a l’intention de cibler les « plus hauts responsables » des crimes commis en Côte d’Ivoire.
Lorsqu’il avait demandé le droit d’ouvrir une enquête, en juin dernier, il avait aussi transmis aux juges une liste de ces cibles, qui est confidentielle.
De son côté, Alassane Ouattara avait affirmé que Laurent Gbagbo pourrait être renvoyé en procès devant la CPI, pour des crimes présumés contre l’humanité.
Par ailleurs, Luis Moreno Ocampo, le procureur, avait dès décembre 2010, mis en garde nommément Charles Blé Goudé, le leader des Jeunes patriotes, favorable à Laurent Gbagbo.
A ce stade, le procureur estime que des crimes contre l’humanité ont été commis par les partisans du chef d’Etat déchu, Laurent Gbagbo.
Les supporters d’Alassane Ouattara ne sont, à ce stade, ciblés que pour des crimes de guerre.
Crimes qui auraient été commis par les Forces Nouvelles, dont l’actuel premier ministre Guillaume Soro, était le Secrétaire général.