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Le moudjahid Mehsas à Echourouk : « J’avais demandé l’écartement de Hocine Ait Ahmed de l’OS à cause du mouvement berbère »

الشروق أونلاين
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Le moudjahid Mehsas à Echourouk : « J’avais demandé l’écartement de Hocine Ait Ahmed de l’OS à cause du mouvement berbère »

Le moudjahid Ali Mehsas, l’un des chefs de l’organisation secrète nous parle, dans cet entretien, des conditions difficiles qui ont entouré les préparatifs de la guerre de libération nationale, notamment depuis la création de l’organisation concernant le volet paramilitaire du parti du peuple, et les conditions de la désignation du moudjahid Hocine Ait Ahmed à la tête de l’organisation secrète malgré la réticence de quelques chefs quant à cette désignation, les raisons qui l’ont (Mehsas) à s’opposer contre l’opération de la poste d’Oran ainsi que d’autres questions sur lesquelles Mehsas a levé le voile.

  • Comment avait commencé la préparation du déclenchement de la guerre du 1 novembre 1954 ?
  • La préparation de la guerre avait commencé par étape et ça ne s’est pas fait en une seule journée. Le déclenchement de la guerre en date du 1er novembre 1954 était l’étape la plus cruciale dans le processus de la préparation de la guerre, et elle a duré des années passant par de nombreuses étapes. Pour ce qui est de la vraie préparation de la guerre, elle a commencé le jour où Messali El hadj avait prononcé le mot « Indépendance » en 1926, après la création du parti de l’étoile nord africaine, puis le parti du peuple algérien (PPA). Il y  avait un seul courant en Algérie qui appelait à l’indépendance, et tous les courants, qui existaient en Algérie, y compris le parti de Ferhat Abbas, les députés de Ben Djelloul et le parti communiste, tous n’avaient pas appelé à l’indépendance de l’Algérie.
  • Messali était le premier à avoir appelé à l’indépendance de l’Algérie, mais il a tout de même participé aux élections parlementaires et communales organisées par les colons français entre 1946 et 1948. Cela n’est-il pas contradictoire avec son objectif, à savoir la séparation du système colon ?
  • Il n’y a aucune contradiction entre notre participation et notre revendication de l’indépendance, parce qu’on avait besoin de l’adhésion du peuple derrière l’idée de l’indépendance, surtout que tous les partis et autres courants avaient accepté la réalité des choses, ils demandaient seulement plus de droits dans le cadre des lois françaises. Et quand les représentants des différents courants sont revenus en Algérie en 1936 afin d’exposer leur rapport au peuple sur ce qu’ils avaient obtenus comme droits par la France, et qu’ils n’avaient rien réalisé, c’est là que Messali est rentré dans ce rassemblement et le club de l’indépendance, et quand la population, qui était venue pour connaître les droits obtenu par cette délégation de France, il est sorti de ce rassemblement en appelant à l’indépendance, donc il n’y a aucune contradiction entre la participation à une action politique, organisée par la France, et la revendication de l’indépendance, parc e que l’objectif était de préparer le peuple à la croire premièrement en l’idée de l’indépendance, puis l’organisation et l’encadrement des éléments du peuple au sein du parti, ensuite former les adhérents. Mais, le déclenchement de la deuxième guerre mondiale a provoqué la dissolution de tous les partis.
  • Pourquoi Messali El Hadj avait refusé la coalition avec les allemands contre les français, l’ennemi de mon ennemi est un ami ?
  • Messali était intelligent parce qu’il savait très bien que la solution allemande n’était pas algérienne. Il voyait que la solution algérienne devait être démocratique, surtout que la France et ses alliés avaient promis l’autodétermination aux peuples colonisés une fois les Nazzis vaincus. Et aussi, toute relation avec les allemands aurait servi à la France de subterfuge pour accuser le mouvement national de complicité avec les Nazis, et de ce fait l’effacer de la scène algérienne, comme on n’avait pas opté pour les allemands parce qu’on croyait aux principes arabes et islamiques.
  • Pourquoi n’aviez-vous pas essayer de collecter des armes durant la deuxième guerre, surtout qu’elles étaient disponibles dans le marché noir ?
  • On avait essayé mais on était jeunes, le plus âgé d’entre nous était âgé de 17 ans, et le système (partisan) n’existait pas, les chefs de partis étaient en prison, y compris Messali El Hadj, et peu d’entre activaient secrètement.
  • Quand est ce que la vraie préparation pour le déclenchement de la révolution avait commencée contre l’occupant français ?
  • La première chose sur laquelle on s’était focalisé, était de changer al vision du peuple algérien au concept de l’indépendance et le sens de l’utilisation de la violence armée, et cette opération avait duré entre les années 1940 à 1945.
  • Comment est ce que l’organisation secrète avait été créée, et comment était elle structurée ?
  • C’était Mohamed Belouizdad qui était le premier à avoir un projet pré armé, prêt à l’exécution. Il était membre du comité central, et il avait choisit un groupe d’hommes pour travailler avec lui.
  • Mohamed Boudiaf était sous vos ordres ?
  • C’est vrai. C’est moi qui l’avais chargé de me suppléer à la tête de la wilaya de Sétif, parce que j’étais en mission pour réorganiser les wilayas de Sétif et Bejaia. Et c’est à ce moment là que l’organisation secrète avait été créée en 1947, alors on avait chargé Boudiaf, une deuxième fois, de prendre la tête de l’OS à Constantine (tout l’ouest algérien), et je veux dire par là que j’ai recruté Abbane Ramdane et je l’ai intégré dans le système du parti.
  • Où et quand aviez-vous recruté Abbane Ramdane ?
  • C’était en 1947, alors que Abbane Ramdane était employé au niveau de la mairie de Chelghoum El Aïd (à Mila). Des adhérents du parti m’avaient contacté et m’avaient informé qu’il était l’un de ceux qui aidaient le parti sans s’y inscrire, alors je l’ai convoqué dans mon bureau à Constantine, il était plus âgé que moi et il m’a rendu visite à deux reprises. J’ai vu que c’était un homme instruit et un bon cadre, alors j’avais parlé à Hocine Lahoual, secrétaire général du mouvement de la victoire des libertés démocratiques, de Abbane Ramdane et j’avais dis qu’il pourrait devenir un excellent cadre, et c’est là que je l’ai désigné responsable à Sétif.
  • Et qu’est devenue votre responsabilité d’alors ?
  • Je suis revenu à Alger parce que j’étais malade, et j’étais devenu responsable de la capitale. On m’a aussi appelé pour régler les problèmes auxquels l’organisation des jeunes était confrontée à la capitale et dans le grand Alger. J’ai aussi envoyé des surveillants de la capitale aux urnes à l’est algérien durant les élections de 1948, j’ai participé par la suite à la réunion du comité central dont j’étais membre à Zerdine (Ain Defla), et j’avais remarqué que quelques centralistes avaient été destitués à cause de la fraude qui a eu lieu durant les élections du conseil algérien en 1948, et on avait senti qu’ils n’étaient pas prêts pour participer au déclenchement de la révolution.
  • Quand est ce que vous aviez rejoint officiellement l’OS ?
  • En fait, après le retrait de Mohamed Belouizdad à cause de sa maladie, Hocine Ait Ahmed, qui n’était pas encore membre de l’OS, l’avait succédé.  Moi aussi je n’étais pas officiellement dans l’OS, même si je préparais l’action armée, et après les élections de 1948, on s’était rendus sur les monts qui s’étendent de la montagne de Chenois à Tipaza, jusqu’à Chlef afin de voir les régions à partir desquelles la révolution allait être déclenchée. Et depuis cette date, je suis devenu officiellement membre de l’OS, et j’avais pris les commandes de la quatrième région, qui était appelée « Sud algérien », qui comprenait plusieurs régions telle que Boufarik à l’est jusqu’à Laghouat au sud et Ténès à l’ouest. On avait senti que le parti n’était pas prêt pour déclencher la révolution, et nous, qui étions jeunes, avions exercé une pression sur le commandement du parti afin de diligenter le déclenchement de la révolution.
  • Comment est ce que Ait Ahmed avait été désigné pour succéder à Mohamed Belouizdad ?
  • Ces questions sont toujours voilées, et on n’en a pas beaucoup parlé, et on ne sait pourquoi Ait Ahmed avait été choisi pour être responsable de l’OS, suite au retrait de Belouizdad. Ce choix avait créé des problèmes au sein de l’OS, et ils étaient visibles à travers même l’activité de l’organisation, parce qu’on avait mis en place un système pour surprendre les français par une guerre générale. Mais, si on faisait des actions éparpillées, l’une après l’autre, alors notre plan serait voué à l’échec, parce qu’elles auraient démasqué le système de l’OS, et je ne sais pas si cette question avait été concoctée par un groupe du parti et ceux qui refusaient de rentrer dans l’action armée, ou bien c’était juste une coïncidence, ce qui a fait qu’on faisait face à une crise au sein de l’OS.
  • Entre qui et qui ?
  • Premièrement, il y avait ce qu’on appelait le mouvement berbère, qui a influé sur l’OS.
  • Avant de poursuivre ce sujet. Est-il vrai que Messali El Hadj avait confiance en la personne de Ait Ahmed, et que c’était lui qui l’avait désigné à la tête de l’OS ?
  • C’est vrai. Messali El hadj faisait confiance à Hocine Ait Ahmed, et c’était lui qui l’avait désigné à la tête de l’OS, même si au fond de  nous même, on était contre cette désignation.
  • Et pourquoi auriez-vous été contre la désignation de Hocine Ait Ahmed à la tête de l’OS ?
  • On était très attaché à l’unité de l’organisation spéciale, sur le plan idéologique, pour réussir la révolution, parce qu’il ne fallait pas diviser la guerre même pour des objectifs légitimes, et parce que cela aurait fait perdre à la révolution sa force, qui lui permettait de vaincre l’ennemi.
  • Et c’est là que le mouvement berbère avait été créé. Quelle était la position de Hocine Ait Ahmed vis-à-vis de ce mouvement, qui avait été lancée, en premier lieu, à partir de la France ?
  • Il était impliqué dans cette affaire, et il était l’un de ses instigateurs, et cela a joué un mauvais tour au parti et à l’OS, devenus faibles. Les adhérents avaient perdu confiance en leur parti, et le désaccord avait atteint l’état major de l’OS. Moi-même, j’étais convaincu que si l’OS se dirigeait vers une impasse, si jamais elle restait sur le chemin qu’elle avait emprunté. Djillali Belhadj, dit Coubis, chargé de l’entraînement militaire au sein de l’OS, était devenu l’ami de Hocine Ait Ahmed, alors on ne faisait pas confiance à Coubis parce qu’il faisait quelques propositions, qui se sont avérées inutiles à l’OS.
  • Mais Coubis était de la région de Ain Defla, alors quel est son rapport avec Ait Ahmed et mouvement berbère ?
  • Coubis avait des relations avec la France.
  • Quelques témoignages affirment que Coubis n’a trahi l’OS qu’après le déclenchement de la révolution, puisqu’il était en contact avec Boudiaf quelques jours avant son déclenchement. Il a constitué des escadrilles pour combattre l’armée de libération parce que Boudiaf ne lui faisait pas confiance. Alors, qu’en est-il de la véracité de ces témoignages ?
  • On avait des informations affirmant que Coubis a divulgué nos secrets à notre ennemi. Alors, après la découverte de l’existence de l’OS en 1950, le parti nous a demandé de prendre la fuite et ne pas révéler le lien qu’avait l’OS au parti, et qu’il y avait un mouvement d’organisation. Mais, Coubis avait tout avoué et est sorti de prison.
  • Il a avoué sous l’effet de la torture ?
  • Non.. Non, personne ne l’avait torturé. Et je vous le confirme parce que je le connaissais très bien.
  • Que s’était il passé entre vous et Ait Ahmed ?
  • Premièrement, j’étais contre l’opération d’Oran, parce qu’il était inconcevable de démasquer l’existence de l’OS à cause de quatre millions de francs. Le parti ne pouvait pas, réellement, réunir ce montant ?
  • Mais cela s’était produit après l’écartement de Hocine Ait Ahmed de la tête de l’OS, mais Messali avait insisté pour le garder au sein du comité central et parmi les structures de l’OS. Quel est le secret pour que Messali s’attache à Ait Ahmed dans des situations aussi difficiles ?
  • C’est ce qui m’avais poussé à contacter Hocine Lahoual, lui disant que si l’OS restait telle qu’elle était, alors on était voué à l’échec et l’organisation allait disparaître. J’ai demandé à Lahoual d’écarter Hocine Ait Ahmed et Coubis de la tête de l’OS, surtout que le comportement de Coubis ne me plaisait pas du tout parce qu’il était très plaisantin, et il manquait de rigueur. Mais, lorsque le commandement du parti avait été informé de ma revendication quant à l’écartement de Hocine Ait Ahmed, on m’avait répondu que ce n’était pas possible car cela pouvait créer des dissensions et des sensibilités sur cette affaire. Mais ils m’ont par contre proposé de quitter l’OS, et me designer comme surveillant général du parti. Mais c’était peine perdue, parce que neuf après, je fus arrêté parce que je n’avais pas rejoins le service national obligatoire.
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