Le tourisme algérien mal placé pour remplacer la Tunisie et l'Égypte
Les touristes européens boudent l'Égypte et la Tunisie, pris dans les révoltes du monde arabe, mais le secteur touristique en Algérie, handicapé par le manque d'infrastructures et la menace d'Al-Qaïda, ne devrait pas en tirer profit, estiment des professionnels.
- “Le pays n’est pas prêt à accueillir un nombre important de touristes en raison du manque d’infrastructures hôtelières”, a déclaré à l’AFP le responsable de Dam Tour, un tour-opérateur du pays, Mohamed Mellah.
- Il existe actuellement en Algérie dix hôtels “cinq étoiles” et 1.170 autres établissements parmi lesquels 1.100 hôtels non-classés appartenant à des privés.
- “La plupart veulent tirer profit des troubles en Tunisie et de la situation au Maroc pour attirer les touristes étrangers. Mais on ne peut pas construire du jour au lendemain des hôtels avec une baguette magique”, ajoute M. Mellah.
- Le ministre du Tourisme, Smaïl Mimoune a assuré que le gouvernement “n’a à aucun moment envisagé de tirer profit de la situation générée par les troubles en Tunisie et en Égypte”.
- En Tunisie, le tourisme assure près de 7% du PIB et emploie jusqu’à 400.000 personnes, sur une population totale de 10 millions. Pour cet été, l’Office national du tourisme tunisien fait état d’un recul des réservations de 55%.
- En Égypte, le manque à gagner est de 2,27 milliards de dollars depuis le début de l’année. Le nombre de touristes a connu une baisse de 60% en mars par rapport au même mois de 2010.
- L’Algérie a lancé en 2008 un plan de développement du tourisme, s’appuyant sur le développement du tourisme balnéaire et saharien. Le gouvernement souhaite que le tourisme puisse à terme faire contre-poids aux hydrocarbures, source quasi-unique de revenus en devises à l’heure actuelle.