Tunisie: condamnations après des slogans antisémites lors d'une manifestation
Le ministère tunisien des Affaires religieuses et plusieurs partis politiques ont dénoncé mardi des slogans antisémites lors d’une manifestation islamiste dimanche à Tunis.
L’appel à combattre les juifs est aberrant. Le ministère refuse l’atteinte à tout citoyen tunisien, écrit le ministère dans un communiqué, ajoutant que les juifs tunisiens sont des citoyens à part entière. Des menaces contre les juifs ont été proférées dimanche à Tunis par un salafiste lors d’une manifestation pour l’inscription de la charia dans la constitution, a rapporté la presse tunisienne. Un incident similaire s’était produit en janvier lors de la visite en Tunisie du chef du gouvernement palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Dans un communiqué, le parti Ettajdid (gauche) a également condamné les appels à la violence, à la haine et même au meurtre émanant de groupes salafistes fanatisés qui ont ciblé encore une fois les citoyens de confession juive. Ce sont des slogans inadmissibles et nous réitérons notre solidarité avec la communauté juive, a aussi déclaré à l’AFP Mohamed Bennour, porte-parole d’Ettakatol, parti de gauche allié aux islamistes d’Ennahda. Dans un communiqué, la présidence de l’Assemblée nationale constituante a exprimé sa profonde préoccupation et dénoncé les slogans visant à semer la discorde au sein de la société tunisienne toute races et origines confondues.
Lors d’une conférence de presse lundi, le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, avait condamné des dérapages. La Tunisie garantit les droits de tous ces citoyens. Nous défendons toutes les minorités dont la minorité juive, a-t-il dit. Le représentant de la communauté juive, Roger Bismuth, a été reçu mardi par le président de l’Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar. Je lui ai dit que ce qui s’est passé a des conséquences à l’intérieur de la Tunisie mais aussi à l’étranger. Nous avons besoin du tourisme, la saison va reprendre et ce qui s’est passé n’est pas bon pour le tourisme, a-t-il déclaré sur Mosaïque FM.
Par ailleurs, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a condamné un autre incident survenu lors de la manifestation dimanche, lorsque des salafistes s’en sont pris à des comédiens qui jouaient devant le théâtre municipal de Tunis, avenue Bourguiba. Un groupe de salafistes a cassé du matériel, et prononcé des slogans haineux et racistes à l’encontre des artistes, écrit la LTDH en dénonçant des actes qui menacent la stabilité du pays et portent atteinte à la liberté de création et d’expression. La Ligue demande l’ouverture d’une enquête et s’étonne que le ministère de l’Intérieur ait autorisé les deux manifestations concomitantes sans prendre les mesures de sécurité adéquates.